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Plusieurs écoles ont menacé leurs élèves de sanctions s'ils osaient poser un genou à terre pendant l'hymne national lors des événements sportifs.

Cela va d'une "sanction disciplinaire sérieuse" pour une école catholique de Long Island à une "suspension sur le terrain voire une exclusion de l'équipe" pour la Parkway High School de Louisiane, révèle le New York Times. Si les écoles qui interdisent cette attitude sont minoritaires - et que d'autres ont explicitement annoncé que la liberté d'expression de leurs élèves était garantie - l'on peut se demander pourquoi cette posture se propage à toutes les franges de la population.


Ce geste, pourtant banal, est devenu un symbole de revendication aux Etats-Unis après que Colin Kaepernick, quaterback de l'équipe de San Francisco, a décidé de poser un genou à terre en octobre 2016 pendant que résonnait l'hymne national. En refusant de se tenir droit et la main sur le coeur comme de coutume, le sportif s'opposait aux meurtres des Noirs par des policiers blancs.

Un geste qui n'a pas du tout plu à Trump qui a insulté le joueur de football américain le 22 septembre au cours d'un discours. "Est-ce que vous n'aimeriez pas voir un de ces propriétaires (d'équipe) de NFL dire quand quelqu'un manque de respect à notre drapeau, 'sortez-moi ce fils de pute du terrain, il est viré, il est viré'"

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En réaction à ces insultes, ce ne sont pas moins de 150 joueurs de la la ligue de football américain (NFL) qui ont plié le genou. D'autres sportifs s'y sont mis, mais également des chanteurs comme Stevie Wonder et Pharrell Williams. Tout en étant anti-raciste, cette pose est devenue politique puisqu'elle est utilisée par les opposants à Donald Trump et son agressivité verbale.

Une atteinte à la liberté d'expression

En menaçant explicitement les élèves au travers de lettres, les directions des écoles portent atteinte au droit à la liberté d'expression pourtant garantie par le Premier Amendement de la Constitution.

Selon Slate.fr qui traduit les propos du journal américain, la Cour Suprême des Etats-Unis a plusieurs fois garanti ce droit aux étudiants. "Les étudiants ne peuvent être forcés à saluer le drapeau des États-Unis ou à réciter le Serment d'Allégiance si cela entre en contradiction avec leurs convictions religieuses." La plus haute institution judiciaire du pays de l'Oncle Sam avait également déploré qu'une école punisse des étudiants pour avoir porté un brassard blanc pour protester contre la guerre du Vietnam.

Mais, selon l'enquête du journal, les écoles privées "disposent d'un peu plus de flexibilité" ce qui leur permet, à leurs yeux, d'imposer ces restrictions à leurs élèves.

Marjorie Esman, la directrice exécutive de l'Union des libertés civiles de Louisiane, a déploré que ces écoles ne "comprennent pas ce qu'elles sont supposées enseigner à leurs étudiants, le droit de protester pacifiquement. Le fait que tant de gens expliquent publiquement être concernés par ce problème signifie qu'on doit l'aborder".