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Chaque jour, de nombreux touristes embarquent dans les trains les menant de New Delhi jusqu'à Agra. Normal, dans cette ville de l'Uttar Pradesh, se trouve l'une des sept merveilles du monde classée par l’Unesco au patrimoine de l’humanité: le grandiose Taj Mahal.


Ce joyau architectural devrait faire bonheur de la région et des commerçants. Pourtant, Rita Bahuguna Joshi, la ministre du Tourisme de l’Uttar Pradesh n'en n'est apparemment pas si fière.

Selon France Télévisions, le nouveau guide de tourisme qui vient d’être édité par l'Etat le plus peuplé du pays, censure le bâtiment car la ministre, membre du Bharatiya Janata Party (BJP), parti nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi, considère qu'il ne reflète pas la culture indienne.

Ce mausolée datant du XVIIe siècle a, en effet, été construit par un empereur moghol pour son épouse décédée. Un bâtiment qui rappelle, aussi, l'apogée de l'expansion musulmane dans le pays par cet empire qui a régné de 1526 à 1858. "C'est un total manque de respect pour le Taj. Cela montre l'état d'esprit du BJP qui essaye de créer sa propre culture et sa propre identité religieuse"; a dénoncé Atul Pradhan, un député de l'opposition. "C’est le tourisme qui fait vivre la ville : il y a plus de 400 000 personnes qui travaillent de près ou de loin pour ce monument qui génère 20% du budget de l’Etat de l’Uttar Pradesh" , a réagi un homme d’affaires de la région.

Cette décision fait écho aux propos du chef de gouvernement de la province, Yogi Adityanath, qui avait déclaré en juin dernier que le Taj Mahal "ne reflétait pas la culture indienne."

Le parti accuse les Moghols d'avoir perpétré un "holocauste" dans le pays. Les noms de rues qui portaient un nom issu de cette période historique ont été remplacés par des noms hindous, les manuels scolaires du pays ne parlent même plus de cette période historique. La dotation prévue pour la restauration du monument a été également supprimée.