Monde Après une campagne présidentielle épuisante, Marine Le Pen ne serait pas prête à se relancer dans la course aux législatives, selon ses proches. Dans son discours de défaite, l'ex-candidate avait annoncé une refonte du mouvement. Un remaniement nécessaire pour la survie du parti qui l'obligerait à s'écarter des prochaines élections.

Le président par intérim, Steeve Briois, a annoncé ce lundi sur Twitter que Marine Le Pen reprenait son poste de présidente du parti. Elle s'était mise en congé de ses fonctions au lendemain du premier tour afin de mener pleinement sa campagne contre le candidat d'En Marche!. 

Avec 11 millions d'électeurs, le parti d'extrême droite et ses militants y auront cru jusqu'au bout. La possibilité d'atteindre les 80 à 100 députés à l'Assemblée nationale, en cas de victoire à la présidentielle, n'était plus un rêve mais une certitude. Suite à la défaite de Marine Le Pen au second tour, les chiffres sont désormais revus à la baisse. Les responsables frontistes espèrent maintenant, au mieux, quinze sièges. Pour le moment, le Front National ne dispose que d'un seul élu à l'Assemblée nationale.

Cependant, même au sein du parti, les avis divergent quant à la présentation de Marine Le Pen aux législatives. "Elle n'a pas encore pris sa décision. Elle a juste indiqué qu'elle allait chapeauter la campagne législative du FN, mais la concernant, rien n'est acté. Pour ma part je souhaite qu'elle soit candidate", confiait le secrétaire national aux Fédérations et à l'Implantation au Parisien. Aucune confirmation de la part de l'intéressée. Depuis sa défaite, la présidente d'extrême droite reste injoignable.

Une campagne épuisante

Meetings, rencontres, débats... Ces plusieurs mois de campagne ont épuisé les candidats. Gilbert Collard, député du Gard, était sceptique quant au retour de Marine Le Pen pour les élections de juin. "Elle est totalement épuisée par une campagne présidentielle où elle a tout donné, on l'a vu dans la dernière ligne droite de la campagne. Elle ne peut pas enchaîner dans ces conditions. Si elle est candidate, il lui faudra aussi porter la campagne au niveau national, et ce sera compliqué de combiner les deux", a-t-il déclaré.

Le départ de Marion Maréchal-Le Pen, le début de la fin ?

La nièce de Marine Le Pen a annoncé sa mise en retrait anticipée de la vie politique. Celle qui incarnait jusqu'à présent une possible relève ne se présentera donc pas comme députée du Vaucluse. Elle laisse orpheline une partie du Front National catholique et radicale. C'est un coup sévère qui fragilise un peu plus le parti. Une décision qui a été mûrement réfléchie depuis plusieurs mois selon ses proches.

Florian Philippot, une démission en suspens ?

Même si ce n'est pas la première fois que Florian Philippot profère une menace de démission, le bras droit de Marine Le Pen a annoncé qu'en cas d'abandon du projet de retour au franc français, il n'aurait d'autres choix que de se retirer du parti. En effet, sa ligne "jusqu'au boutiste" de sortie de l'euro ne rassemble pas au sein du parti. Interrogé sur RMC, Florian Philippot déclarait  "je ne suis pas là pour garder un poste un tout prix et défendre l'inverse de mes convictions profondes et je me battrai toujours pour l'indépendance de mon pays, quel que soit le moyen. Mais je ne crois pas un seul instant qu'un parti qui défende la nation, la France dans sa grandeur (…) renonce à ce combat essentiel".

Des candidats potentiels pour remplacer Marine Le Pen

Le doute s'est renforcé parmi les responsables frontistes : et si Marine Le Pen n'était pas candidate aux législatives ? Plusieurs candidatures alternatives à la tête du Pas-de-Calais sont envisagées pour prendre sa relève si elle renonçait à se lancer dans les élections des prochaines semaines.

La réponse sera donnée dans tous les cas cette semaine, date de clôture du dépôt des candidatures aux élections législatives dans les préfectures.