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Allongé par terre avec une jambe cassée devant l'entrée d'une mosquée, Alimuddin a crié au secours au moment du violent séisme qui a frappé l'île indonésienne de Lombok dimanche. Et une fois arrivé à l'hôpital, son supplice a continué.

"J'ai essayé de bouger ma jambe, de la lever, et c'est à ce moment-là que j'ai réalisé qu'elle était cassée", raconte à l'AFP cet homme de 49 ans allongé sur un lit de fortune devant un hôpital de Mataram, principale ville de l'île touristique de Lombok en Indonésie, dans le sud de l'archipel d'Asie du Sud-Est.

Par chance, un autre fidèle a entendu ses appels désespérés et l'a tiré loin de la mosquée qui s'était effondrée après les secousses du tremblement de terre de magnitude 6,9.

Mais à l'hôpital voisin où il se retrouve d'abord, le blessé est encore abandonné: le personnel fuit l'établissement après des répliques et des craintes de tsunami dans le nord de l'île qui donne sur la mer de Bali.

Le destin d'Alimuddin reflète les scène de chaos qui se sont produites à Lombok, une île volcanique à l'est de celle de Bali, après ce violent séisme qui a fait au moins 131 morts et détruit des milliers de bâtiments, une semaine après un précédent tremblement de terre (17 morts).

"Je me suis demandé +mais pourquoi vous m'abandonnez?+. Je ne pouvais pas les rendre responsables car ils essayaient eux-mêmes de sauver leur vie", dit-il.

Le personnel est ensuite revenu dans l'hôpital mais aucun médecin ne s'est occupé de lui, car un patient qui saignait à la tête avait besoin de soins plus urgents.

L'île de Lombok manque cruellement de personnel médical pour soigner les blessés graves, au nombre de 1.477, sans compter ceux qui sont plus légèrement touchés. Dans la grande ville de Mataram, certains attendent longtemps à l'extérieur de l'hôpital tellement le personnel est débordé.

"L'ampleur de ce tremblement de terre est énorme pour nous ici, dans les Petites îles de la Sonde occidentales, c'est notre première expérience" de la sorte, a reconnu le gouverneur de la province où se trouve Lombok.

Alimuddin, lui, a été obligé de passer une nuit dans le parking d'un hôpital avant d'être finalement pris en charge par des médecins et opéré.

Son épouse Maria est restée à ses côtés, exaspérée par cette interminable attente.

Mais Alimuddin a une vision plus philosophique: "au bout du compte, je m'en remets à Dieu. C'est ce qu'on appelle une calamité mais on ne peut pas l'éviter".


Séisme en Indonésie : le bilan du séisme monte à 131 morts, plus de 156.000 déplacés

Le bilan du violent séisme qui a frappé l'île indonésienne de Lombok est monté à 131 morts et a fait 156.000 déplacés, ont indiqué mercredi des autorités, alors que les équipes de secours continuent de déblayer les décombres et s'attendent à découvrir de nouvelles victimes.

Le tremblement de terre de magnitude 6,9 survenu dimanche soir a provoqué des scènes de panique parmi les habitants et touristes, une semaine après un autre séisme qui avait fait au moins 17 morts sur cette île volcanique prisée des touristes ses plages et sentiers de randonnées.

"131 personnes sont mortes, 1.477 sont sérieusement blessés et 156.000 ont été déplacées", a déclaré un porte-parole de l'Agence nationale de gestion des catastrophes, Sutopo Purwo Nurgroho. Un précédent bilan faisait état de 105 morts et 236 blessés graves.

Les secours continuaient mercredi de déblayer les décombres à l'aide d'excavateurs. Des dizaines de milliers de maisons ont été endommagées, selon les autorités qui ont fait état d'un manque de personnel médical et de produits de base.

"Les efforts pour évacuer des gens se sont intensifiés, mais il y a encore beaucoup de problèmes sur le terrain", a ajouté M. Sutopo.

La province des Petites îles de la Sonde occidentales (West Nusa Tenggara), où se trouve Lombok, manque cruellement de nourriture, de médicaments et de personnel médical, a indiqué le gouverneur, Muhammad Zainul Majdi.

"Nos ressources humaines sont limitées. Il faut des auxiliaires médicaux dans les abris de fortune et d'autres doivent être mobiles", a-t-il déclaré à l'AFP.

"L'ampleur de ce tremblement de terre est énorme pour nous ici, dans les Petites îles de la Sonde occidentales, c'est notre première expérience" de la sorte, a encore dit le gouverneur.

"Détruits à presque 100%"

Dans certaines parties de l'île d'une superficie de quelque 4.700 km2, des villages ont été presque entièrement détruits.

"Certains villages que nous avons visités sont détruits à presque 100%, toutes les maisons se sont effondrées, les routes sont fissurées et les ponts se sont écroulés", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la Croix rouge indonésienne, Arifin Muhammad Hadi.

Des abris de fortune ont été aménagés au bord de routes ou dans des rizières, mais de nombreux agriculteurs sont réticents à l'idée de quitter leurs maisons endommagées et d'abandonner leur cheptel.

"C'est une situation typique de victimes de tremblement de terre en Indonésie. Les habitants veulent rester près de leur source de revenus car ils ne peuvent pas venir dans des abris de fortune avec leur cheptel", a expliqué M. Hadi.

Avec l'aide du gouvernement et d'ONG internationales, les autorités locales ont commencé à organiser l'acheminement d'aide aux sinistrés, mais les équipes de secours éprouvent des difficultés à atteindre certaines zones en raison de routes endommagées par le séisme dans le nord et l'est de Lombok, territoires les plus proches de l'épicentre.

Trois avions militaires de transport Hercules remplis de nourritures, médicaments, couvertures, tentes et réservoirs d'eau sont arrivés à Lombok, selon l'armée.

Par ailleurs, l'évacuation de touristes pour l'essentiel étrangers qui étaient sur les îles de Gili, au large de la côte nord-ouest de Lombok, touchées par le séisme, est terminée, ont indiqué les autorités.

Plus de 4.600 touristes ont été évacués de ces trois petites îles paradisiaques et prisées des vacanciers pour la plongée sous-marine. D'autres les ont quittées par leurs propres moyens, se plaignant du manque de coordination des autorités et de l'absence d'information après le séisme.

L'Indonésie, un archipel de 17.000 îles et îlots, se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique. Ce pays est frappé par de nombreux séismes, mais contrairement aux deux survenus à Lombok, la plupart ne sont guère dangereux.

L'Europe libère 150.000 euros d'aide d'urgence pour les victimes

La Commission européenne a débloqué mercredi une "première aide d'urgence de 150.000 euros" pour les communautés les plus touchées par le séisme qui a frappé l'île indonésienne de Lombok dimanche dernier. Ces fonds devraient bénéficier de manière directe à environ 4.000 personnes se trouvant dans les régions de l'est et du nord de Lombok. Ils permettront entre autres la distribution d'abri d'urgence, de couvertures, de matelas et de kits d'hygiène. Cette aide vise aussi à garantir l'accès à l'eau potable, des soins de santé de base ainsi qu'un soutien psychologique aux familles affectées.

Outre ce soutien financier, l'Union européenne a activé son système d'observation satellitaire Copernicus afin de fournir des cartes précises aux autorités indonésiennes.

Le tremblement de terre de magnitude 6,9 survenu dimanche soir a tué au moins 131 Indonésiens, selon un bilan officiel, provoquant des scènes de panique parmi les habitants et touristes, une semaine après un autre séisme qui avait fait au moins 17 morts sur l'île volcanique prisée par de nombreux touristes pour ses plages et sentiers de randonnées.

L'Indonésie, un archipel de 17.000 îles et îlots, se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique. Le pays est frappé par de nombreux séismes, mais contrairement aux deux survenus à Lombok, la plupart ne sont guère dangereux