Que sont devenus les anciens dirigeants européens ?

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Monde

Quelle vie après le retrait de la vie politique

BERLIN
Nicolas Sarkozy a annoncé dimanche soir son éloignement de la vie politique à l'instar de plusieurs anciens dirigeants européens qui ont choisi de faire carrière dans les affaires, jouer les conférenciers, préféré retrouver une vie de famille ou ont dû faire face à des poursuites judiciaires. Gerhard Schröder, Tony Blair, José Luis Rodriguez Zapatero et Silvio Berlusconi ont ainsi connu des parcours divers.

ALLEMAGNE:

Gerhard Schröder, 67 ans, s'est complètement retiré de la vie politique depuis la désignation d'Angela Merkel comme chancelière le 22 novembre 2005. S'il est toujours au Parti social-démocrate (SPD), il n'y occupe plus aucune fonction et n'intervient pas dans les débats internes.

Depuis sa défaite électorale, l'ancien chancelier (1998-2005) a surtout fait parler de lui pour son engagement en faveur de l'homme fort de la Russie, son ami Vladimir Poutine.

Gerhard Schröder est engagé dans le conseil des actionnaires du consortium du gazoduc Nord Stream, qui relie la Russie à l'Europe en passant sous la mer Baltique. Ce consortium est dominé par le géant public du gaz russe Gazprom, avec les allemands BASF et EON, le néerlandais Gasunie et le français GDF Suez.
Après l'élection présidentielle russe de mars, entachée de fraudes selon l'opposition, il avait affirmé que M. Poutine était "un démocrate très propre". "Je crois qu'il oriente sérieusement son pays vers une démocratie réelle", avait-il ajouté, suscitant de nombreuses critiques en Allemagne.

M. Schröder fut également membre du conseil de surveillance du groupe pétrolier russo-britannique TNK-BP pendant trois ans.

GRANDE-BRETAGNE:

Tony Blair, Premier ministre pendant dix ans de mai 1997 à juin 2007, quand il a cédé le pouvoir à son ministre des Finances Gordon Brown, multiplie désormais les activités très rémunératrices de consultant et les conférences à l'étranger, en plus de son rôle d'envoyé spécial du quartette pour le Proche-Orient.

Il est à la tête de plusieurs fondations, dont l'une vise à favoriser le dialogue entre les religions, et contrôle une douzaine d'entreprises et de partenariats lucratifs.

La presse britannique a récemment épinglé une de ses sociétés, Windruch Ventures, qui n'aurait déclaré au fisc qu'une petite partie de ses bénéfices.
Depuis le "printemps arabe", le rapprochement spectaculaire au début des années 2000 du gouvernement de Tony Blair avec l'ancien régime libyen du colonel Mouammar Kadhafi fait régulièrement la Une des journaux.

Tony Blair, en tant que Premier ministre, avait rendu sa première visite à l'ancien dirigeant libyen en 2004, ce qui avait conduit au retour en grâce de Kadhafi dans la communauté internationale en échange de son renoncement officiel à son programme nucléaire militaire et au terrorisme.

D'anciens opposants libyens accusent aujourd'hui son ancien ministre des Affaires étrangères Jack Straw d'avoir autorisé en 2004 les services secrets britanniques à donner à la CIA les informations permettant de les livrer au régime Kadhafi, qui les a ensuite torturés.

ESPAGNE:

Comme il l'avait annoncé, l'ex-chef du gouvernement socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, 52 ans, s'est retiré de la vie politique, après sa déroute aux élections de novembre qui a porté la droite de Mariano Rajoy au pouvoir.

Sans aucun mandat électif, il dispose aujourd'hui, comme tous les anciens chefs de gouvernement, d'un siège au Conseil d'Etat. Il a participé à une conférence internationale fin mars au Venezuela sur le commerce international.

Après son élection en 2004 et deux mandats, il avait affirmé dès le mois d'avril qu'il ne se représenterait pas à la tête du parti socialiste (PSOE), décidé, après des mois difficiles de crise économique, à se consacrer à son épouse Sonsoles et ses deux filles, Laura et Alba.

"Je quitte la vie politique. Je n'ai aucune rancoeur contre qui que ce soit, je n'ai que de la gratitude", avait-il affirmé le 2 février, peu avant l'élection d'Alfredo Perez Rubalcaba comme nouveau chef du PSOE.

Zapatero n'a fait que très peu de commentaires depuis, appelant les socialistes à avoir "le sens de l'Etat" face à la tourmente économique qui traverse le pays.
"Il est dans une position différente. Il est plus tranquille et moi, moins", a commenté mercredi Mariano Rajoy, à l'issue de la cérémonie d'investiture du nouveau président du Conseil d'Etat. "Mais c'est absolument normal et chacun le comprend", a-t-il ajouté.

ITALIE:

Silvio Berlusconi, emporté par la bourrasque de la crise qui menaçait l'Italie, a dû laisser la place en novembre à l'ex-commissaire européen Mario Monti et dispose désormais de plus de temps pour se consacrer à sa défense dans les nombreux procès qui le visent et à la gestion de son empire.

La Cour de cassation a jeté le 25 avril une nouvelle pierre dans le jardin du Cavaliere en affirmant qu'il avait versé à la mafia sicilienne "des sommes importantes" pour assurer sa protection dans les années 1970.

Dans le cadre du procès Rubygate, où il est accusé de prostitution de mineure, Berlusconi s'est présenté le 20 avril à une audience au tribunal de Milan, où il a affirmé que les soirées chez lui, dépeintes par certains comme orgiaques, n'étaient que des "compétitions de +burlesque+", style french-cancan.

Pour défendre son empire médiatique, il a exprimé son mécontentement face à un décret-loi du gouvernement Monti qui prévoit notamment la mise aux enchères des fréquences de télévision que son propre gouvernement voulait attribuer gratuitement, entre autres à son groupe Mediaset.

Toujours député, il reste très discret sur la scène politique, et son parti, le Peuple de la Liberté (PDL) continue de soutenir le gouvernement Monti.
Renié par Nicolas Sarkozy lors de son débat avec François Hollande ("Je ne crois pas que Monsieur Berlusconi soit mon ami puisqu'il a semblé souhaiter votre élection"), Berlusconi pourra se consoler lundi à Moscou, où il assistera à l'investiture de son fidèle ami Vladimir Poutine.

© La Dernière Heure 2012

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