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Quinze pays de l'Union européenne, ainsi que la Suisse et Hong Kong, sont pour l'instant touchés par la crise des oeufs contaminés, a annoncé vendredi la Commission européenne.

Dans l'UE, la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, la France, la Suède, le Royaume-Uni, l'Autriche, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et le Danemark sont concernés, a précisé un porte-parole de l'exécutif européen lors d'un point presse, ajoutant que la Commission réunirait ces pays lors d'une réunion destinée à "tirer les leçons" de la crise le 26 septembre.


200.000 oeufs contaminés sur le marché en France

Plus de 200.000 œufs contaminés au fipronil, importés de Belgique et des Pays-Bas, ont été "mis sur le marché" en France depuis avril, a annoncé vendredi le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert tout en assurant que "le risque pour la santé humaine est très faible".

Deux centres d'emballage d'œufs en France ont reçu "des œufs de consommation contaminés en provenance des Pays-Bas et de Belgique", a déclaré M. Travert sur la radio RMC, précisant qu'un premier lot a été mis sur le marché entre le 16 avril et le 2 mai et a déjà été consommé, "sans impact pour la santé".


Le gouvernement néerlandais reconnaît que "des erreurs" ont été commises

Sous le feu des critiques de ses voisins européens, le gouvernement néerlandais a reconnu, par la voix de la ministre de la Santé sur un plateau télévisé jeudi soir, que "des erreurs" avaient été commises dans la gestion du scandale des oeufs contaminés, mais réfute toujours toute accusation de négligence.

"Dans toute crise, des erreurs sont commises. C'est absolument le cas pour celle-ci", a reconnu Edith Schippers devant les caméras.

Mais elle a maintenu que le gouvernement, accusé de ne pas avoir transmis l'information plus tôt que de nombreux oeufs néerlandais était contaminés par un insecticide, "ne pouvait pas empiéter sur le temps de l'enquête judiciaire et des analyses" des échantillons prélevés.

"Nous étions bien au courant d'un signalement de la présence de fipronil dans un élevage de poules pondeuses en novembre 2016, mais il n'y avait aucune indication que du fipronil s'était retrouvé dans les oeufs à ce moment-là", a répété Edith Schippers lors de sa première prise de parole publique depuis le début de l'affaire.

La gestion de La Haye de ce signalement reçu l'an dernier par le NVWA, l'organisme néerlandais chargé de la sécurité alimentaire et sanitaire, fait l'objet de critiques de responsables politiques de plusieurs pays européens touchés par le scandale des oeufs contaminés.

"La coopération doit mieux se passer à l'avenir", avait tancé mercredi le ministre français de l'Agriculture Stéphane Travert, alors que son homologue belge Denis Ducarme avait accusé les Pays-Bas d'avoir traité avec légèreté l'information anonyme reçue en 2016.

Jeudi, le gouvernement néerlandais avait déjà reconnu que, "rétrospectivement" et "avec la connaissance d'aujourd'hui sur l'ampleur de l'utilisation et de la présence de fipronil dans les oeufs", l'agence de sécurité alimentaire NVWA "aurait dû conseiller des mesures pour faire respecter la loi".

"Une fois cette crise derrière nous, nous analyserons le rôle de chacun, le mien, celui du NVWA... et nous en tirerons des conclusions", a ajouté la ministre de la Santé sortante.

"Aurions-nous pu aller plus vite? C'est ce que nous devrons analyser, et je pense qu'il faudra associer la Commission européenne à cela".

L'UE veut convoquer une réunion sur la crise des oeufs contaminés, qui s'étend désormais à douze pays d'Europe, et dont les responsables sont traqués par la justice.


La commission européenne convoquera une réunion de crise

La Commission européenne va convoquer les pays de l'UE touchés par le scandale des oeufs contaminés au fipronil dès que l'ensemble des faits seront établis, a annoncé vendredi à l'AFP le commissaire à la Santé Vytenis Andriukaitis.

"J'ai proposé de tenir une réunion de haut niveau rassemblant les ministres concernés ainsi que les représentants des agences de sécurité alimentaires dans tous les Etats membres impliqués, dès que l'ensemble des faits sera à notre disposition", a indiqué M. Andriukaitis dans un message écrit, précisant en avoir déjà discuté avec les ministres allemand, belge et néerlandais.

Douze pays sont déjà affectés par cette contamination de millions d'oeufs dans l'Union européenne.

La Belgique et les Pays-Bas, où la contamination s'est produite, sont mobilisés pour en trouver les responsables: les enquêtes menées dans ces deux pays se sont accélérées jeudi, menant à l'arrestation de deux dirigeants d'une entreprise néerlandaise qui a vraisemblablement appliqué le produit dans des poulaillers, lors d'un traitement contre le pou rouge.


Du fipronil a peut-être atterri chez des particuliers via des vétérinaires

L'insecticide fipronil a pu se retrouver chez des particuliers qui détiennent des volailles via des vétérinaires, rapporte le journal Gazet Van Antwerpen vendredi sur base de témoignages de vétérinaires qui ont fait l'objet d'une perquisition jeudi. La substance se serait retrouvée dans le traitement anti-poux Bytecontrol, qui est pourtant un produit biologique, selon la notice. Le parquet d'Anvers n'a pas fait de commentaires vendredi sur ces nouveaux développements, renvoyant à sa communication de la veille. Du Bytecontrol a également été vendu par Poultry-Vision, l'entreprise de Ravels (province d'Anvers) pointée du doigt en Belgique dans ce dossier.

"Le produit est si efficace qu'il est presque certain qu'il contient du fipronil", témoigne un vétérinaire dans la Gazet Van Antwerpen. Les enquêteurs ont saisi notamment jeudi une facture et une bouteille de Bytecontrol. Un particulier ayant acheté le produit n'est, lui, plus autorisé à rentrer ses poules dans le poulailler traité durant plusieurs mois.