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Les propos du Premier ministre Charles Michel sur la crise en Catalogne ont fait fulminer Madrid. 

Le gouvernement Rajoy a qualifié les propos de M. Michel d'attaques inacceptables et parle de retirer son soutien à la candidature de Catherine De Bolle à la présidence d'Europol, selon un échange diplomatique par e-mail relayé jeudi dans les quotidiens Het Laatste Nieuws et De Morgen.

Dans un entretien, Charles Michel signalait ne voir dans la crise espagnole qu'un problème politique et non un problème de respect de l'Etat de droit. "C'est une crise institutionnelle et politique dans un pays qui met en jeu des questions fondamentales, l'expression d'un vote, des opinions, l'usage de la force...". Le Premier ministre ajoutait que "le bon sens veut qu'il y ait dialogue". "Il y a une guerre des nerfs, qui doit s'arrêter à un moment pour ouvrir le champ à un dialogue politique (...) Ce n'est que si on constatait un échec définitif du dialogue qu'il faudrait poser la question d'une médiation internationale ou européenne."

L'ambassadeur de Belgique en Espagne aurait été convoqué à la suite de l'entretien accordé à la presse par le Premier ministre sur le blocage espagnol le week-end dernier. Dans un courriel, le directeur du cabinet de Mariano Rajoy explique clairement à l'ambassadeur belge que le gouvernement espagnol est "stupéfait" par les "attaques du gouvernement belge" et que cela ne restera pas sans conséquence.

"Cela peut sérieusement mettre en danger nos relations bilatérales", peut-on lire dans la missive du gouvernement espagnol.

Un malaise s'est déjà fait sentir du côté de Madrid lorsque le Premier ministre Charles Michel avait condamné les violences policières lors du referendum en Catalogne, selon un e-mail envoyé par l'ambassade de Belgique au gouvernement Michel le 3 octobre dernier.

Il comporte même des possibles représailles: l'ambassade belge en Espagne relaie les propos du ministère de l'Intérieur espagnol qui indique que la candidature de Catherine De Bolle à la présidence d'Europol "ne peut pas être soutenue après les réactions de la Belgique aux événements en Catalogne".