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Le camp du oui au renforcement des pouvoirs du président turc Recep Tayyip Erdogan était en tête avec plus de 51% des suffrages dimanche après dépouillement de près de 99% des urnes à l'issue d'un référendum historique, selon l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

Après dépouillement des bulletins de vote provenant de 98,95% des urnes, le oui était en tête avec 51,34%, selon les résultats partiels publiés par Anadolu. L'opposition a d'ores et déjà dénoncé des "manipulations" et annoncé qu'elle contesterait le résultat.

Les Turcs ont voté dimanche sur une révision constitutionnelle visant à remplacer le système parlementaire par un système présidentiel, une mesure qui bouleverserait le système de gouvernance de la Turquie, membre important de l'Otan et partenaire de l'Union européenne.

Aux termes de cette réforme, le pouvoir exécutif serait détenu par le président, la fonction de Premier ministre serait supprimée et M. Erdogan pourrait rester au pouvoir au moins jusqu'en 2029.

Selon le président Erdogan, cette réforme est nécessaire pour doter la Turquie d'un exécutif fort et stable, pour lui permettre de faire face à d'importants défis économiques et sécuritaires.

Mais ses détracteurs dénoncent un texte écrit sur mesure pour satisfaire les ambitions de M. Erdogan, accusé de dérive autoritaire, notamment depuis le putsch avorté de juillet.

La campagne référendaire a été marquée par un traitement médiatique inéquitable en faveur du oui, le camp du non dénonçant en outre de multiples pressions.


Après la victoire du "oui", Erdogan salue une "décision historique"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué dimanche une "décision historique" en revendiquant la victoire du oui au référendum sur le renforcement de ses pouvoirs, et appelé les pays étrangers à "respecter" cette décision. "La Turquie a pris une décision historique au sujet de son système de gouvernance", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Istanbul. ""Nous voulons que les organisations et les pays étrangers respectent la décision de notre nation", a-t-il ajouté, alors que l'opposition turque conteste le résultat du scrutin.

Le président s'est dit prêt à organiser un référendum sur le rétablissement de la peine de mort, après s'être déclaré victorieux d'une consultation populaire sur un renforcement de ses pouvoirs dimanche.

Répondant à une foule à Istanbul qui criait "peine de mort", M. Erdogan a dit qu'il allait "maintenant discuter de cela avec (le Premier ministre Binali) Yildirim". Si l'opposition soutient le rétablissement de la peine capitale, "alors j'approuverai" cette mesure, a-t-il affirmé, si elle ne le soutient pas, "alors nous organiserons un nouveau référendum".


Le Premier ministre revendique la victoire du oui

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a revendiqué dimanche soir la victoire du oui au référendum sur une réforme constitutionnelle renforçant considérablement les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, un scrutin dont l'opposition a contesté d'avance le résultat.

"Mes chers concitoyens, d'après les résultats non-officiels, le référendum prévoyant la présidentialisation du système s'est conclu par (une victoire du) oui", a déclaré M. Yildirim lors d'un discours de victoire depuis le quartier-général de son parti, l'AKP, à Ankara.


Le "non" en tête à Istanbul et à Izmir

Le "non" à la réforme de la Constitution turque est passé en tête dimanche soir à Istanbul. Après le dépouillement de 88,7% des voix dans la métropole, 50,3% des votants rejettent le texte présenté par le président Recep Tayyip Erdogan, selon la télévision CNN Turk. Le "oui" était jusque là donné gagnant. Le "non" est également en tête à Izmir (ouest), avec 68% des suffrages, alors que la capitale Ankara approuve le projet de révision de la constitution à 50,3%, selon les chiffres publiés par l'agence Anadolu.


L'opposition dénonce des manipulations, va contester le résultat

Les deux principaux partis d'opposition au président turc Recep Tayyip Erdogan ont dénoncé dimanche des "manipulations" lors d'un référendum crucial sur le renforcement de ses pouvoirs, dont les résultats partiels donnaient une courte victoire au oui.

Bülent Tezcan, secrétaire-général adjoint du premier parti d'opposition, le CHP (social-démocrate), a dénoncé sur la chaîne CNN-Türk une "violation" après la décision du Haut-Conseil Electoral (YSK) de valider les bulletins de vote non marqués du sceau officiel. Et le deuxième parti d'opposition, le HDP, a fait savoir sur Twitter qu'il allait contester les votes provenant de "deux tiers" des urnes.

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