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Le sp.a a présenté mercredi à la presse des copies de courriers électroniques émanant selon lui de la hiérarchie militaire et tendant à démontrer que le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) a menti au Parlement lorsqu'il disait ignorer l'existence d'études validant une prolongation de la durée de vie des chasseurs-bombardiers F-16. 

"Pathétique", balaie le cabinet du ministre, en relevant notamment une grossière erreur technique dans l'un des mails. Pour le président du sp.a, John Crombez, ces courriels viennent appuyer la motion de méfiance que son parti a déposée contre le ministre et sur laquelle les députés se prononceront jeudi en séance plénière.

Le parti d'opposition estime que la hiérarchie militaire manipule le dossier depuis des années afin de faire valider par le politique le remplacement des F-16 par les F-35 de l'avionneur américain Lockheed Martin, "en connivence totale avec le ministre".

Le sp.a a déjà par le passé rendu publics des échanges de mails tendant à prouver que le ministre connaissait l'existence d'études validant une prolongation de la durée de vie des F-16. Il en a produit un nouveau mercredi datant d'avril 2017.

Cet e-mail aurait été adressé au chef de cabinet de l'époque du ministre, Claude Van de Voorde, avec le ministre en copie. Il évoque une étude de la Défense sur le remplacement des F-16 de type Block 20, "alors que le ministre a toujours nié au parlement l'existence de telles études".

L'expéditeur est anonymisé dans les copies présentées par le sp.a mais M. Crombez assure connaître son identité, qu'il ne souhaite pas révéler par souci de protection des lanceurs d'alerte, sauf en cas de déclaration sous serment au parlement.

"C'est tout simplement pathétique", réagit-on au cabinet du ministre de la Défense. On relève une grossière erreur matérielle dans le mail d'avril 2017, qui parle de F-16 de type Block-20 alors que l'armée belge dispose du type Block-15.

Le cabinet Vandeput assure en outre que le Service d'audit interne fédéral a examiné le trafic de courriels et confirmé que celui-là n'était jamais parvenu au cabinet. "Par ailleurs, les protagonistes qui ont joué un rôle majeur dans le dossier du remplacement des F-16 ont tous reconnu qu'il n'y avait eu aucun échange de mails avec le cabinet".