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Les hôtesses et stewards qui ne vendent pas assez de parfums,  liqueurs, snacks et autres cartes à gratter de loterie sont dans le collimateur de la compagnie aérienne irlandaise Ryanair. 

Dans une lettre dont nos confrères de “La Libre Belgique” ont eu copie, WorkForce International, l’une des agences par laquelle passe Ryanair pour recruter ses équipages, explique ainsi à l’un de ses contractuels que ses performances de vente ne sont pas "acceptables" dans les avions. “Vous avez drastiquement  été en-dessous de ce qui était attendu”, développe le document.

Résultat immédiat ? A partir du 1er décembre, ses horaires sont modifiés et lui seront désormais communiqués chaque semaine. Au lieu d’avoir des jours fixes de travail (cinq jours de prestation, suivi de trois jours de récupération),  ce membre d'équipage doit ainsi être disponible pour combler les absences éventuelles dans sa base. En plus des dix produits listés dont les ventes ne sont pas “acceptables” pour l’agence, il est aussi critiqué pour ne pas avoir atteint assez régulièrement le chiffre d’affaires de 50 euros par vol. “S’il n’y a pas d’amélioration significative et durable, d’autres actions seront prises et vous pourrez être sujet à des procédures disciplinaires”, poursuit la lettre.

"Les ventes doivent être secondaires par rapport à la sécurité"

Contactée par nos soins, Ryanair assume. “Bien que nous ne puissions pas commenter en détail la lettre de WorkForce, elle ne définit clairement aucune “cible de vente” à atteindre, explique la compagnie. Comme la lettre le dit clairement, toute personne qui est en sous-performance constante et marquée risque d’être confrontée à une procédure disciplinaire “s’il n’y a pas d’amélioration significative et durable”. Nous nous attendons à ce que ceux qui ne sont pas au meilleur niveau de leur performance s’améliorent. Que fait “La Libre Belgique” dans ce cas de figure ?” 

Interrogé par nos collègues du “Guardian”, le syndicat irlandais “Impact” rappelle que le but premier des équipages est la sécurité du vol et non les ventes à bord qui “ne doivent être que secondaires”. “ Cette lettre démontre une approche brutale de gestion de la performance et révèle la vulnérabilité de chaque membre d’équipage s’ils n’atteignent pas des objectifs fixés”, poursuit le syndicat. Ces ventes de produits à bord sont cruciales pour Ryanair, puisque les revenus annexes (donc hors vente de tickets) représentent 27 % de ses recettes totales de la compagnie, avec 1, 8 8 milliards d’euros gagnés l’année dernière.

Un pourcentage que la compagnie compte faire passer à 30 % d’ici 2020.