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Les 28 pays de l'Otan ont décidé dimanche d'assumer la totalité de l'opération militaire en Libye

TRIPOLI Nicolas Sarkozy et David Cameron affirment que "Kadhafi doit partir immédiatement" et appellent ses partisans à "le quitter avant qu'il ne soit trop tard", dans une déclaration conjointe publiée lundi, à la veille de la réunion à Londres du "groupe de contact" sur la Libye.

Le président français et le Premier ministre britannique appellent également le Conseil national de transition (CNT) libyen à "instaurer un dialogue politique national" afin d'"organiser la transition" en Libye.

"Nous n'envisageons aucune occupation militaire de la Libye", réaffirment-ils également, car cela "enfreindrait les conditions prévues par la résolution".
"Nous réaffirmons notre engagement le plus ferme en faveur de la souveraineté, de l'indépendance, de l'intégrité territoriale et de l'unité nationale de la libye", insistent les deux dirigeants.

Selon eux, "lors de la conférence de Londres, la communauté internationale tout entière aura l'occasion d'exprimer son soutien au peuple libyen dans sa lutte visant à faire tomber une dictature violente et à créer les conditions propices qui lui permettront de décider de son avenir", écrivent les deux dirigeants politiques.

Selon eux, comme "le souligne la résolution de la Ligue arabe, le régime actuel a perdu toute légitimité. Kadhafi doit donc partir immédiatement".
"Nous appelons tous ses partisans à le quitter avant qu'il ne soit trop tard. Nous appelons tous les Libyens qui estiment que Kadhafi mène la Libye à la catastrophe à se mobiliser dès à présent pour forger un processus de transition", ajoutent-ils.

Selon eux, ce processus "pourrait s'organiser autour du Conseil national de transition, dont nous reconnaissons le rôle pionnier, les représentants de la société civile et tous ceux qui souhaiteraient participer au processus de transition vers la démocratie".

"Nous les exhortons à instaurer un dialogue politique national à même de déboucher sur un processus de transition représentatif, une réforme constitutionnelle et l'organisation d'élections libres et régulières", affirment-ils également.

Une quarantaine de pays sont attendus mardi à Londres pour la première réunion du "groupe de contact" sur la Libye, chargé du "pilotage politique" des opérations, désormais sous commandement de l'Otan sauf pour les frappes qui restent pour le moment sous la responsabilité de la coalition, et de la préparation de l'avenir politique de la Libye.

"Il y a l'Otan qui s'occupe de la mise en oeuvre militaire, mais la recherche d'une perspective politique ne peut reposer que sur un dialogue entre toutes les parties libyennes", a déclaré de son côté le chef de la diplomatie française Alain Juppé.

Alain Juppé, qui parlait à des journalistes à Bordeaux (sud-ouest de la France), a indiqué que le groupe de contact s'attacherait à "pousser à ce dialogue avec le Conseil national de transition qui est la seule forme d'opposition organisée aujourd'hui, et sans doute les autorités tribales qui gardent un rôle social très important en Libye".

Encore 48 heures pour le contrôle effectif des opérations par l'Otan

Les frappes contre les forces du colonel Mouammar Kadhafi en Libye vont continuer à être menées sous l'égide de la coalition internationale pendant encore 48 heures avant que l'Otan ne prenne la direction effective des opérations, a indiqué lundi l'alliance atlantique. "La transition (d'un commandement à l'autre) va être progressive et prendra deux jours", a affirmé la porte-parole de l'Otan, Oana Lingescu, au cours d'un point de presse au siège de l'Alliance à Bruxelles.

Les 28 pays de l'Otan ont décidé dimanche d'assumer la totalité de l'opération militaire en Libye qui était dirigée par les Etats-Unis depuis le 19 mars.

Le colonel d'aviation Geoffroy Booth, membre de l'état-major militaire international de l'Otan, a précisé que le général Charles Bouchard, qui a pris le commandement des opérations militaires en Libye au nom de l'Otan, n'avait pas encore "activement" pris le contrôle de "tous les aspects" de l'opération.

A l'heure actuelle, l'Otan fait seulement respecter la zone d'interdiction aérienne au-dessus de la Libye et "les attaques au sol demeurent pour le moment des opérations de la coalition", a ajouté le colonel Booth.

L'Otan a également d'ores et déjà pris en charge l'embargo naval contre le trafic d'armes et l'envoi de mercenaires à destination de la Libye.


© La Dernière Heure 2011