Sarkozy / Hollande: le sprint final est lancé

Hubert Leclercq Publié le - Mis à jour le

Monde

La campagne est terminée et les écarts se resserrent. Mais Hollande reste le favori du 2e tour

PARIS “On peut vraiment regretter que l’élection n’ait pas lieu dimanche en huit, Nicolas Sarkozy aurait toutes ses chances.” La boutade faisait florès, hier, dans les deux QG.

Hilarité – toujours contenue officiellement à gauche – et crispation à droite. “Le sentiment d’un vrai gâchis” , expliquait un collaborateur de l’UMP.

En cause, notamment, la sortie des derniers sondages. Une véritable rafale de cinq enquêtes. Toutes donnent le même vainqueur : François Hollande dans une fourchette comprise entre 52,5 % et 53,5 %. Toutes signalent aussi un léger tassement de l’écart entre les deux candidats. Toutes, enfin, ont été réalisées dans la foulée du grand débat de mercredi dernier, semblant ainsi indiquer que le candidat-président serait sorti vainqueur de ce combat des chefs, au contraire de l’avis général des spécialistes .

Si on prend les cinq sondages du jour, les derniers qui seront rendus publics, on obtient un chiffre de 52,8 % pour Hollande et 47,2 % pour Sarkozy, soit un écart supérieur à 5 points et demi qui semble largement suffisant à l’entrée de la toute dernière ligne droite.

Le tout dernier sondage de cette campagne a été livré ce vendredi à 18 h. Il est considéré comme la dernière photographie, plus ou moins nette, des intentions de vote des électeurs français et a été réalisé en grande partie ce vendredi; il est ainsi le seul à inclure le message “personnel” de François Bayrou.

Le constat est quasiment identique dans ce sondage Ifop pour Paris-Match  : Sarkozy progresse pour atteindre les 48 % contre 52 à François Hollande.

Ces sondages peuvent surprendre car ils indiquent tous un léger glissement de l’électorat de Marine Le Pen et François Bayrou vers Nicolas Sarkozy.

L’entre-deux-tours aura été marqué par un fait unique dans l’histoire de la Ve République, aucun des huit finalistes n’a appelé à voter en faveur du président sortant.

Un constat terrible qui autorise néanmoins une stratégie qui va très bien au président-sortant : celle du seul contre tous.

En réalité, si ces chiffres peuvent permettre à la droite d’entretenir une forme de suspense et d’éviter la démobilisation, il faut aussi constater que ce mouvement de resserrement est un grand classique de fin de campagne. Un classique que les fidèles des deux camps connaissent sur le bout des doigts pour l’avoir vécu en 2007 dans le duel Royal-Sarkozy.

Bref, sauf gigantesque surprise, François Hollande devrait devenir, dimanche, le second président socialiste de la Ve République, succédant ainsi au modèle dont il s’est largement inspiré pour sa campagne : François Mitterrand.

Ce vendredi, pour la dernière journée de campagne, les deux camps ont multiplié les appels à la mobilisation générale de leur électorat.

Des appels répétés ces derniers jours qui ont, semble-t-il, eu un impact sur les électeurs qui sont désormais plus de 85 % à se déclarer “certains” de leur choix pour leur passage dans l’isoloir ce dimanche.

Hier, Nicolas Sarkozy a annoncé : “Vous verrez une grande surprise dimanche.” Lors d’un dernier déplacement aux Sables-d’Olonne, il a de nouveau tenu un discours musclé contre la gauche et appelé à un sursaut de la “majorité silencieuse” , des abstentionnistes et des électeurs de l’extrême droite. “Je voudrais vous persuader d’une chose, chaque voix va compter : dimanche, vous n’imaginez pas à quel point les choses vont se jouer sur le fil du rasoir” , a-t-il insisté.

François Hollande, lui, lors de son déplacement en Moselle, a lancé : “Je représente […] déjà plus que la gauche. Je représente tous les républicains, les humanistes, ceux qui sont attachés à des valeurs et des principes.”



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