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Les secouristes poursuivaient leurs efforts désespérés samedi à Mexico, même si leurs chances de découvrir des survivants parmi les décombres s'étiolaient plus de 72 heures après le séisme qui a fait près de 300 morts. Equipés de matériel de pointe, les sauveteurs concentraient leurs efforts sur cinq sites où des signes de vie étaient encore détectés parmi les amas de béton et de ferraille, selon la Protection civile fédérale.

"Beaucoup de temps a passé, mais nous n'abandonnerons pas", a déclaré le directeur de la Protection civile, Luis Felipe Puente, à la chaîne Televisa.

Il a démenti des rumeurs, apparues sur les réseaux sociaux, selon lesquelles les autorités avaient décidé de faire intervenir des engins lourds pour déblayer les ruines. "Des familles nous signalent que les leurs sont là, nous faisons tous les efforts possibles (...) On ne peut pas faire intervenir des engins là où il peut y avoir des gens, vivants ou morts", a-t-il affirmé.


Selon le maire de Mexico Miguel Angel Mancera, une vingtaine de personnes sont encore portées disparues.

Trois jours après un séisme, les recherches cessent généralement et les bulldozers commencent à dégager les gravats, les experts estimant qu'il y a alors peu de chances de retrouver des survivants.

Mais les proches des disparus, qui se comptent par dizaines dans cette mégalopole de 20 millions d'habitants, se souviennent des sauvetages "miracles" accomplis après le grand séisme de 1985.

Hector Anguiano, un homme de 18 ans équipé d'une masse, explique que l'intervention des bulldozers est catégoriquement rejetée par les habitants du quartier et les passants. Jets de pierre, cris: la tension contre la police a grimpé et des policiers anti-émeute ont été déployés.

A l'école Enrique Rebsamen, où 19 élèves âgés de sept à 13 ans ainsi qu'une demi-douzaine d'adultes sont morts, des proches et des voisins ont déposé des gerbes de fleurs blanches. D'autres se serraient dans les bras, en larmes.

Le dernier bilan de la Protection civile fait état de 298 morts, dont 160 à Mexico, 73 dans l'Etat de Morelos et 45 à Puebla. Quatre Taïwanais, un Sud-Coréen, une Panaméenne, un Argentin et un Espagnol font partie de ces victimes.

Jusqu'à jeudi, 115 personnes avaient été extraites vivantes des décombres et 88 retrouvées mortes.