Monde De quoi empêcher les enquêteurs de remonter jusqu'à ses contacts

MANILLE Alfred Sirven, 74 ans, ancien numéro deux du groupe pétrolier Elf, a "croqué puis avalé" la puce de son téléphone portable juste avant son arrestation vendredi à Manille, a-t-on appris mardi de source policière philippine. Au moment où les policiers philippins ont fait irruption dans sa villa située dans la localité résidentielle de Tagaytay, au sud de Manille, Alfred Sirven était au téléphone. Il a aussitôt réagi en ouvrant l'appareil pour en extraire la carte SIM, une puce informatique contenant de précieux détails sur les communications d'un téléphone portable.
"Il a mâché la puce de son téléphone portable comme un chewing-gum et l'a avalée", a affirmé James Tosoc, un responsable du Bureau national d'enquêtes philippin, qui était présent au moment de l'arrestation vendredi d'Alfred Sirven. "Il l'a brisée avec ses dents", a-t-il ajouté.
La puce contenue dans un téléphone portable contient un répertoire de noms établi par son propriétaire et permet de retracer les appels donnés et reçus. Elle aurait ainsi permis aux enquêteurs de retrouver la trace de plusieurs de ses interlocuteurs aux Philippines ou ailleurs et facilité leur travail pour retrouver les millions de dollars que Sirven est soupçonné d'avoir dissimulé aux Philippines ou dans des pays voisins comme Hong Kong.
Au terme d'une fuite de plus de trois ans, Alfred Sirven a été interpellé vendredi aux Philippines, d'où il a été immédiatement expulsé vers Francfort où il a été arrêté à sa descente d'avion. Son extradition d'Allemagne devait intervenir mardi à 17h00 GMT, selon le parquet de Francfort.
Si ce programme est respecté, Alfred Sirven serait présenté mercredi au tribunal parisien chargé du procès de la tentaculaire affaire Elf.
L'ancien numéro deux du groupe Elf est soupçonné d'être au centre des détournements commis au préjudice du groupe pétrolier, dont le montant global est estimé à 460 millions d'euros (18,56 milliards de FB)