Monde Cette fois, l’ingénieur carolo est poursuivi pour avoir exercé comme détective privé sans autorisation

Le 9 janvier 2015, Paris était une fois de plus frappé par un attentat terroriste. Amedy Coulibaly, une crapule multirécidiviste et radicalisée, prenait en otage les clients et le personnel du magasin Hyper Casher de la porte de Vincennes, tuant quatre personnes au passage. La veille déjà, il avait assassiné une policière en pleine rue.

Après la mort de Coulibaly et la libération des otages, les enquêteurs se sont immédiatement intéressés à la provenance des armes, parmi lesquelles figuraient des kalachnikov issues des pays de l’Est.

C’est ainsi que Claude Hermant, un Lillois, est incarcéré. Indic de la police, ce barbouze est connu pour ses liens avec le trafic d’armes. On le soupçonne d’avoir remilitarisé celles qui ont fini entre les mains de Coulibaly.

Mais avant cela, ces pétoires auraient transité par Patrick H., un ingénieur de Marcinelle âgé de 55 ans. Le 26 janvier 2015, les forces de l’ordre ont d’ailleurs perquisitionné son domicile. Son matériel informatique a été saisi et analysé. Et c’est ainsi qu’un autre dossier, beaucoup moins grave celui-là, a été ouvert au parquet de Charleroi.

Patrick H. est en effet soupçonné d’avoir exercé des activités de détective privé sans autorisation, alors que cette profession est rigoureusement réglementée. À la suite d’une séparation, il aurait eu des difficultés à prendre son ex-femme en flagrant délit d’adultère, ce qui l’a poussé à mettre au point un système de balises permettant de suivre les gens à la trace. Et, selon la substitute Guisset, ces balises auraient été utilisées dans le cadre de ses activités de détective, au profit de ses clients. "Suivre les gens à la trace, c’est une méthode particulière de recherche réservée aux forces de l’ordre. Même les détectives agréés ne peuvent y avoir recours", s’est exclamé ce mardi le parquet, à l’audience du tribunal correctionnel de Charleroi. "Il a décrypté ces balises et rendu des rapports à la détective pour laquelle il travaillait en sous-traitance. Lui, il n’était pas inscrit à la BCE et a voulu faire de la publicité dans les toutes-boîtes."

La magistrate a requis un an de prison, avec sursis éventuel. Me Bouchat, conseil de Patrick H., a quant à lui plaidé l’acquittement. Selon l’avocat, les balises ont été placées à la demande de personnes ponctuelles, sur leur propre véhicule. "Les assurances obligent bien leurs clients à installer ce type de GPS pour les couvrir en cas de vol. Il n’y a rien d’illégal", a déclaré Me Bouchat qui signale que l’ingénieur comptait développer une activité de détective, restée à l’état de projet. Jugement le 2 octobre.