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La présidente conservatrice de la région de Madrid Cristina Cifuentes, affaiblie par des accusations d'obtention frauduleuse d'un master et de vol de produits cosmétiques dans un supermarché en 2011, a annoncé mercredi sa démission.

"Toute mon action, toute ma vie a été mise en cause", a déclaré Cristina Cifuentes, 54 ans, en se déclarant victime d'un "lynchage" après la diffusion d'une vidéo où on voit un agent de sécurité lui demandant d'ouvrir son sac dans ce supermarché, un incident lié selon elle à une "erreur involontaire" immédiatement réparée.

Figure du Parti populaire du chef du gouvernement Mariano Rajoy, Cristina Cifuentes, qui dirigeait la région depuis trois ans, a expliqué à la presse avoir "pris cette décision, il y a quelques jours, de faire un pas en arrière pour éviter que la gauche ne gouverne à Madrid".

Elle était en effet sous la menace d'une motion de censure de la gauche qui avait toutes les chances de réussir, car le Parti Ciudadanos (centre-droit) avait annoncé qu'il lui retirait son soutien, indispensable dans cette région que la droite gouvernait avec une minorité de 48 élus sur 151.

La dirigeante aux longs cheveux blonds, censée incarner la rénovation du Parti populaire éclaboussé par des scandales de corruption, était depuis un mois sous le feu des critiques.

Plusieurs médias l'avaient accusée d'avoir obtenu un master en droit public de manière frauduleuse, ce qu'elle avait nié avant que l'université publique concernée, Rey Juan Carlos, évoque elle-même de graves irrégularités. Elle l'avait finalement retiré de son CV sous la pression.

Ciudadanos avait alors exigé l'ouverture d'une enquête, tandis que l'opposition de gauche préparait une motion de censure.

Mercredi matin, une nouvelle attaque est venue d'un média conservateur, OK Diario, qui a publié la vidéo datant de 2011.

Cristina Cifuentes a confirmé l'authenticité de l'enregistrement, assurant qu'elle avait simplement emporté ce jour-là "de manière involontaire (...) 40 euros de produits". "Toutes les lignes rouges ont été franchies", a-t-elle dénoncé.

Elle n'a pas suggéré de nom pour lui succéder, à un an d'élections régionales dans ce bastion de la droite espagnole, gangrené par des affaires d'attribution frauduleuses de marchés et de malversations qui avaient déjà entraîné la démission d'une autre ancienne présidente de la région.

"Cifuentes démissionne après un mois honteux", a réagi Iñigo Errejon du parti de gauche radicale Podemos, qui ambitionne de prendre la tête de la région représentant 20% du PIB espagnol.

"Nous sommes satisfaits", a déclaré le président de Ciudadanos Albert Rivera. "Madrid mérite un changement".