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La mise en garde, prononcée depuis Séoul, était ferme: Donald Trump a appelé mercredi le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un à ne jamais sous-estimer la détermination de l'Amérique et à renoncer à son programme nucléaire.

Dans un discours musclé devant l'Assemblée nationale sud-coréenne, le président des Etats-Unis a dénoncé, avec force détails, les horreurs d'une "dictature cruelle".

Il a martelé que le "temps de la force" était venu, soulignant que les Etats-Unis ne cherchaient pas l'affrontement militaire mais ne reculeraient pas s'il devenait nécessaire. "Ne nous sous-estimez pas, ne nous mettez pas à l'épreuve", a-t-il tonné sous des applaudissements nourris, quelques heures après avoir tenté, sans succès en raison du temps, de se rendre sur la célèbre zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux pays.

"Nous défendrons notre sécurité commune, notre prospérité commune et notre liberté sacrée", a-t-il assuré.

M. Trump a aussi profité de cette tribune pour appeler "toutes les nations responsables" à unir leurs forces pour isoler le régime de Pyongyang. "Vous ne pouvez pas soutenir, vous ne pouvez pas approvisionner, vous ne pouvez pas accepter", a-t-il ajouté en citant la Chine et la Russie, deux alliés traditionnels de Pyongyang, avant sa rencontre mercredi avec le président chinois Xi Jinping.

Evoquant le régime de Pyongyang, situé à peine quelque 200 km plus au nord, le locataire de la Maison Blanche a dressé le tableau extrêmement sombre d'un pays transformé en "secte" qui se livre à "une expérimentation dans un laboratoire de l'histoire". "Loin de garantir l'égalité de ses citoyens, cette dictature cruelle les mesure, les note et les classe en fonction de critères arbitraires liés à leur fidélité à l'Etat", a-t-il lancé.

'Frustré'

Exprimant son "rêve" de voir un jour "des autoroutes relier le nord et le sud, des cousins se retrouver", il a martelé que l'heure était aujourd'hui à la fermeté.

Dans un discours chargé de référence à la guerre de Corée et aux décennies qui ont suivi, le président américain a aussi inlassablement mis en avant la solidité des liens entre Washington et Séoul. Rappelant qu'au lendemain du conflit, une grande partie de la ville de Séoul n'était plus que ruines, il a loué la détermination des Sud-coréens, passées d'une "dévastation totale" à "l'une des grandes nations du monde".

Insistant, longuement sur "le miracle coréen", il n'a pas résisté à évoqué son sport favori, soulignant que les golfeurs sud-coréens figuraient "parmi les meilleurs du monde". Ce discours intervenait quelques heures après une déconvenue pour Donald Trump: une visite surprise sur la zone démilitarisée (DMZ).

L'objectif initial du président américain était d'y retrouver son homologue sud-coréen Moon Jae-in, pour une image chargée en symboles. Située à quelques dizaines de kilomètres au nord de Séoul, la DMZ, bande de terre de 4 km de large et 248 km de long est parsemée de barrières électrifiées, de champs de mines et de murs antichars. La limousine présidentielle avait quitté à l'aube l'hôtel de Séoul où réside M. Trump, sous un ciel gris et brumeux, pour la base de Yongsan. De là, l'hélicoptère présidentiel ainsi que ceux du petit groupe de journalistes l'accompagnant avaient décollé pour rejoindre la DMZ. Mais l'expédition a été de courte durée: ils étaient de retour sur la base environ 20 minutes plus tard.

"Il est vraiment frustré", a souligné Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif américain, interrogée sur l'état d'esprit du président américain: "C'est quelque chose qu'il voulait faire". Cela aurait été "un moment historique", a-t-elle regretté, soulignant que cela aurait été la première qu'un président américain et son homologue sud-coréen se seraient trouvés ensemble sur place.

Au cours des trois dernières décennies, une brève halte dans ce lieu chargé en symboles est devenue presque incontournable pour tous les locataires de la Maison Blanche. Depuis la visite de Ronald Reagan sur place en 1983, seul George H.W. Bush n'a pas effectué ce déplacement.

Toujours un oeil sur Washington, Donald Trump a fait une allusion rapide à son élection, il y a un an jour pour jour. "Je célèbre avec vous", a-t-il lancé, quelques heures avant de s'envoler pour la Chine, troisième étape d'une tournée asiatique qui en compte cinq.