Monde

C'est en Espagne et en Italie que la mobilisation fut la plus importante pour dénoncer le conflit en Irak

BRUXELLES Plus de 3500 personnes ont défilé hier, à Bruxelles, pour dénoncer non seulement l'occupation américaine en Irak, mais également la politique israélienne en Palestine. Une initiative du groupe Initiative 20 mars qui s'inscrit dans le cadre du premier anniversaire du début de la guerre en Irak. Et le chiffre des manifestants aurait pu être bien plus important encore si, d'après René Stroobant, un des organisateurs de la manifestation, «une partie des manifestants n'était pas allée à Ostende», où se tient un conseil des ministres extraordinaire. Le cortège comptait notamment de nombreux groupes de syndicalistes socialistes et chrétiens, mais aussi des hommes politiques du PS, d'Ecolo et du CDH. Parmi les moments forts de la manifestation, on retiendra le mur de carton érigé en travers du parcours face à la bourse et symboliquement détruit par la tête du cortège. Et parmi ces démolisseurs figuraient naturellement des Palestiniens de Belgique.




Ailleurs dans le monde, des centaines de milliers de manifestants ont également dénoncé le conflit en Irak, même si la mobilisation s'est concentrée sur quelques pays. C'est en Espagne et en Italie, qui ont déployé des contingents en Irak depuis la fin des hostilités, que la mobilisation a été la plus forte.

A Madrid quelque 60.000 personnes ont manifesté, de 150.000 à 200.000 à Barcelone, selon les estimations des journalistes sur place. La semaine dernière, 11,6 millions d'Espagnols, plus du quart de la population, avaient défilé à travers le pays après les attentats du 11 mars dans la capitale (202 morts).

Rome - qui avait vu trois millions de manifestants avant la guerre - a enregistré un défilé de 250.000 personnes selon la préfecture, près d'un million selon des organisateurs.

L'action la plus spectaculaire est venue de Londres où deux militants alpinistes de l'ONG écologiste et pacifiste Greenpeace sont parvenus à escalader Big Ben, la célèbre tour-horloge du Parlement, créant une nouvelle polémique sur la sécurité quelques jours après les attentats de Madrid.

Entre 25.000 et 100.000 anti-guerre ont défilé pour dénoncer ce qu'ils qualifient de mensonges de M. Blair, notamment sur les armes de destruction massive irakiennes, toujours introuvables.

En Irak même, de maigres rassemblements ont exigé le départ de l'occupant, alors que dans d'autres pays arabes comme l'Egypte ou la Jordanie, deux alliés de l'Amérique, quelques milliers de personnes ont manifesté.A Dublin, 2.000 personnes, selon la police, 5.000 selon les organisateurs ont défilé dans les rues en scandant «Bertie, Bush - Blood Blood on your hands» (du sang sur vos mains), visant le Premier ministre irlandais Bertie Ahern et le président Bush.Les rangs étaient plutôt clairsemés en France et en Allemagne. Pas plus de 5.000 personnes à Paris et seulement quelques centaines à Berlin.Quelque 15.000 personnes, selon les organisateurs, 6.000 selon la police, ont manifesté à Athènes, et dans la capitale turque Ankara, un millier de personnes ont remis à des fonctionnaires de l'ambassade des Etats-Unis un titre de transport invitant le président Bush à un voyage dans l'espace.Enfin, au Japon, 30.000 personnes, selon les organisateurs, se sont rassemblées dans un parc de Tokyo, malgré une pluie battante, exigeant le retrait immédiat des soldats américains et japonais.

© La Dernière Heure 2004