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De nouveau frappé par un tremblement de terre ce mardi, le Mexique se réveille doucement, découvre l'étendue des dégâts et doit compter ses morts, au nombre de 248 à l'heure d'écrire ces lignes. Au milieu de ce drame matériel et humain, un Belge présent dans le centre de Mexico nous a livré son ressenti.

"On était dans le quartier de Guadalupe Tepeyac dans un bâtiment en bon état, qui n'était pas pour autant prévu pour résister aux tremblements de terre, et tout d'un coup j'ai senti le sol trembler sous mes pieds" explique Olivier Guilmain, que nous avons pu joindre alors que le jour n'était pas encore levé à Mexico City. "Au début, on ne se rend pas vraiment compte en raison du décalage horaire et de la fatigue, puis on réalise que tout se met réellement à bouger."

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D'une magnitude de 7,1 sur l'échelle de Richter, le séisme apparaît "comme une attraction de fête foraine qui bouge de gauche à droite, et on pouvait voir bouger les poteaux et les câbles électriques à travers les fenêtres."

Malgré les circonstances, la population ne s'est pas affolée. "Mes collègues étaient assez calmes, ce qui avait le don d'être rassurant" poursuit notre interlocuteur. "Et ce qui est assez bizarre, c'est que la vie continue et reprend son cours normal assez rapidement, car peu de temps après le séisme, on a été mangé au restaurant."

L'établissement, fort fréquenté, donne l'impression à M. Guilmain de "vivre dans un monde parallèle" dans la mesure où les lieux qu'il fréquente après les faits, bien que concernés par le séisme, n'avaient pas subi de dégâts. "Comparé à ce qui passe à la télévision, je n'ai pas l'impression d'être au même endroit."

Ce n'est que par WhatsApp que notre témoin a pu prendre conscience des dégâts causés, alors que les réelles implications du tremblement de terre qu'il a vécues relèvent des désagréments routiers et téléphoniques.

"J'ai mis au moins deux heures avant de pouvoir envoyer un SMS pour rassurer ma famille". Un laps de temps moindre que celui passé dans les bouchons, au cœur d'une métropole traditionnellement bien engorgée.

"Peu de temps après le séisme, on a repris la voiture et les embouteillages se sont formés assez rapidement et j'ai passé l'après-midi dans les bouchons" se souvient Olivier Guilmain.

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 Un simulacre prévu le matin même

Ce puissant tremblement de terre survenait 32 ans jour pour jour après le désastre de 1985 qui avait fait des milliers de morts. Les autorités avaient dès lors prévu un exercice de sensibilisation en cas de séisme. "Pour l'anecdote, j'avais reçu la nuit précédant le séisme un papier de l'hôtel prévenant qu'un exercice serait organisé le matin" explique le Belge expatrié.

De simulacre, il n'en était pas question quand la terre s'est réellement mise à trembler, provoquant de nombreux dégâts, notamment à l'aéroport de Mexico, rendu inopérationnel.

"L'aéroport est fermé, et je ne sais pas quand je pourrai rentrer au pays" termine M. Guilmain. "Je ne sais pas si c'est une des pistes ou les routes menant à l'aéroport qui ont été abîmées". Renseignements pris, ce sont les accès aux infrastructures aéroportuaires qui ont été touchées.

Alors qu'il prévoit son retour au pays, notre témoin concède une pointe de honte suite à cet événement.

"Face au malheur des autres, c'est étrange de vivre un tel événement 'tranquillement'."