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Le chauffeur d'une camionnette a fauché des cyclistes et des passants mardi à Manhattan, faisant huit morts dont cinq Argentins et une Belge et 11 blessés dont un Argentin et trois Belges, dans le premier attentat meurtrier à New York depuis 2001.

La victime belge de l'attentat à la camionnette, mardi à Manhattan, était originaire de la commune de Staden, près de Roulers (Flandre occidentale), a confirmé son bourgmestre, Francesco Vanderjeugd (Open VLD). Agée de 31 ans, elle visitait New York en compagnie de sa mère et de ses 2 soeurs. "Nous sommes en train de voir comment organiser le rapatriement du corps et celui des membres de sa famille. Mais il faut attendre le feu vert des autorités américaines", a expliqué le bourgmestre de la localité.

"Je suis au courant depuis hier/mardi soir. On peut difficilement décrire ce que j'ai ressenti à cette annonce et ce que je ressens toujours. C'est terrible de se dire que quelqu'un qui profitait de ses vacances peut mourir à la suite d'un tel acte", a-t-il ajouté.

Les cinq Argentins qui ont été tués étaient originaires de la ville de Rosario et "formaient un groupe d'amis qui fêtaient le 30e anniversaire de la fin de leurs études à l'Ecole polytechnique de cette ville", a indiqué à Buenos Aires le ministère des Affaires étrangères. Un autre Argentin qui faisait partie du groupe a été blessé lors de l'attentat.

Le maire de New York, Bill de Blasio, a qualifié cette attaque, survenue le jour de la fête d'Halloween, d'"acte lâche de terrorisme", sans parler de jihadisme.

Le président américain Donald Trump a évoqué sans attendre l'organisation Etat islamique (EI) et a ordonné un renforcement du contrôle des étrangers souhaitant entrer aux Etats-Unis. "Etre politiquement correct, c'est bien mais pas pour ça", a tweeté le président. "Nous ne devons pas permettre à l'EI de revenir ou d'entrer dans notre pays après les avoirs vaincus au Moyen-Orient et ailleurs. Assez!", a déclaré M. Trump sur Twitter.


Plusieurs médias ont indiqué que le chauffeur de la camionnette, un Ouzbek arrivé aux Etats-Unis en 2010, avait crié "Allah Akhbar" ("Dieu est grand") en sortant de son véhicule. "L'Ouzbékistan est prêt à apporter toutes ses forces et tous ses moyens pour aider à l'enquête sur cet acte terroriste", a indiqué le président ouzbek Chavkat Mirzioïev, cité dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Si la piste jihadiste était avérée, ce serait la première fois que Donald Trump est confronté à un attentat de ce genre d'une telle gravité depuis son arrivée à la Maison Blanche.

"C'est une journée très difficile pour New York", a déclaré M. de Blasio sur les lieux de l'attaque, au sud-ouest de Manhattan, non loin du mémorial érigé en mémoire des victimes du 11-Septembre. Le maire démocrate, qui joue sa réélection dimanche, a demandé aux New-Yorkais d'être particulièrement vigilants et de signaler toute anomalie.

'Une cible depuis 2001'

"Nous savons depuis septembre 2001 que nous sommes une cible" mais "nous allons vivre nos vies et n'allons pas laisser le terrorisme l'emporter", a déclaré Andrew Cuomo, gouverneur démocrate de l'Etat de New York.

Il a annoncé des mesures de police renforcées dans la très touristique capitale financière américaine. La police a appelé toute personne détenant photos ou vidéos de l'attaque à les lui transmettre.

Le One World Trade Center, gratte-ciel érigé sur le site des tours jumelles détruites le 11 septembre 2001, devait être illuminé toute la nuit en rouge-blanc-bleu, en honneur de "la liberté et de la démocratie." Et sur les réseaux sociaux, beaucoup se promettaient de ne pas céder face au terrorisme sous le mot-clef #NYCstrong (New York fort).

Le président argentin Maurico Macri s'est déclaré "profondément affecté". "Nous renouvelons notre appel à la paix, afin d'en finir avec ces horreurs", a-t-il dit.

L'identité du suspect n'a pas été diffusée par les autorités. La police a simplement indiqué qu'il avait 29 ans et qu'elle ne recherchait pas d'autre suspect.

Suspect blessé et opéré

Selon plusieurs médias américains, il s'agirait de Sayfullo Saipov, un Ouzbek habitant dans le New Jersey, où la camionnette avait été louée. Il disposait d'un titre de séjour permanent, la "carte verte", et travaillait comme chauffeur pour Uber, selon le New York Times, qui précise qu'il avait déjà "été sous le radar" de la police.

La police a indiqué qu'il avait été touché par balle au ventre et hospitalisé. Selon plusieurs médias, il aurait été opéré dans la soirée et son pronostic vital ne serait pas engagé.

Plusieurs dirigeants européens, à commencer par le Français Emmanuel Macron et la Britannique Theresa May, ont manifesté leur solidarité.

L'attaque a eu lieu juste après 15H00 locales (19H00 GMT) le long de la rivière Hudson, où se pressaient de nombreux cyclistes et passants, par une belle journée ensoleillée, en cette période de la Toussaint où New York accueille toujours beaucoup de touristes.

Défilé d'Halloween

Beaucoup étaient déjà déguisés pour fêter Halloween et participer au grand défilé costumé qui se tient chaque année à Greenwich Village. Défilé qui a eu lieu plus tard comme prévu, mais avec des mesures de sécurité renforcées.

La camionnette a foncé sur la piste cyclable et le couloir de promenade qui longent la rivière Hudson, vers le sud, sur près d'un kilomètre, renversant cyclistes et passants, avant de percuter un autobus de ramassage scolaire et d'être obligée de s'arrêter, a indiqué le chef de la police, James O'Neill.

Le chauffeur est alors sorti de son véhicule, armé d'un fusil à air comprimé et d'un fusil de paint-ball. Les policiers ont tiré sur lui et l'ont appréhendé.

New York a connu plusieurs alertes terroristes depuis 2001, mais aucune n'avait fait de mort.



Charles Michel adresse ses pensées aux proches des victimes

La Belgique, par les voix du Premier ministre Charles Michel et du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, a présenté ses condoléances aux victimes de l'acte terroriste perpétré à Manhattan. Charles Michel (MR) a fait part "de ses pensées à toutes les victimes et leurs familles" de l'attaque à Manhattan. "Nous sommes aux côtés de la population américaine", a-t-il assuré dans un message posté sur le réseau social Twitter mardi vers 22h30.


Peu avant, et par le même biais, le chef de la diplomatie Didier Reynders (MR) a affirmé penser "aux victimes de l'attentat et à leurs familles et amis".