Un débat vif qui restera dans les annales

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"On soulignera le passage sur l’immigration durant lequel François Hollande était moins à l’aise."

Directeur des sciences de l’information et de la communication de l’ULB, François Heinderyckx décortique pour Lalibre.be le débat d’hier.

Un candidat a-t-il gagné le débat d’hier ?

Il n’y a pas eu un grand vainqueur par K.O. à la suite d’une phrase assassine ou d’une perte complète de contrôle. C’est un débat qui a été vif, mais assez équilibré. Sarkozy, comme on le prévoyait, fut très offensif, et Hollande s’est défendu avec plus de pugnacité que l’on pouvait s’y attendre, dans la mesure où l’on sait que ce n’est pas l’exercice dans lequel il est le plus à l’aise. Il a d’ailleurs beaucoup progressé durant la campagne, et a fait face aux attaques de Sarkozy avec combativité. Néanmoins, il est resté sur la défensive, ce qui était aussi assez prévisible dans un contexte de fin de match ou l’une des deux équipes a un but d’avance et se replie en défense. Nicolas Sarkozy devait égaliser, il a donc pris plus de risques.

Un moment vous a-t-il marqué dans le débat ?

Oui. Il y en a eu plusieurs. D’abord les moments calculés et prévus comme les petites phrases sur la « normalité de Hollande » qui ne serait « pas à la hauteur des enjeux ». On y sent des effets de langue, des slogans bien préparés. Au niveau du déroulé du débat on soulignera le passage sur l’immigration durant lequel François Hollande était moins à l’aise. Enfin, d’une manière générale, on retiendra de ce débat le côté très vif de bout en bout. Un si long débat qui maintient une telle tension nerveuse et verbale, c’est rare.

Ce débat pourra-t-il marquer un tournant dans la toute fin de cette campagne ?

C’est très peu vraisemblable. Cela aurait pu être le cas s’il y avait eu un grand coup de théâtre, mais ce ne fut pas le cas. On est dans la lignée de ces débats qui marquent la campagne parce qu’ils en sont le paroxysme. C’est le dernier grand rendez-vous rituel avant l’élection, mais il y a peu de chances qu’il ait des effets marquants et significatifs sur le vote de dimanche prochain.

Un des deux candidats a-t-il pu convaincre les électeurs de Marine Le Pen ?

Ils ne s’y sont pas employés spécifiquement. Ce n’était d’ailleurs ni le moment, ni le lieu. Un tel débat rassemble plusieurs dizaines de millions de téléspectateurs et jamais les candidats ne parlent à autant d’électeurs. Ils veillent à rassembler et à parler à tous. Ils ne se sont donc pas adressés trop spécifiquement aux électeurs de Marine Le Pen pour ne pas s’aliéner une autre partie des Français.

Retrouvez la vidéo de François Heinderyckx sur la préparation, le naturel et la posture des candidats.

© La Dernière Heure 2012

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