Un scénario façon Floride 2000

H. Le. Publié le - Mis à jour le

Monde

Nicolas Sarkozy a peut-être donné son dernier meeting, sans état d’âme apparent

En petit comité, Nicolas Sarkozy se disait convaincu vendredi soir qu’un scénario du type Floride en 2000 peut se reproduire en France. À l’époque, il avait fallu recompter les bulletins de vote pour départager les deux candidats à la présidence américaine George W. Bush et Al Gore.

“Ça risque d’être une égalité parfaite; ce sera très, très serré. Les résultats risquent d’être contestés, comme pour Bush en Floride” , pronostique-t-il.

Dans la salle, vendredi soir, pour son dernier meeting, le public était partagé. “Il va gagner. Les sondages, on s’en fout” , pour les uns. “On est venus lui dire au revoir”, pour les autres .

Pour son dernier tour de piste, ses plus proches conseillers l’accompagnent.

Nicolas Sarkozy fait huer François Bayrou après son coup de Jarnac, il règle ses comptes avec le “système politico-médiatique” , traité “d’élite dévoyée” .

Il en profite, au passage, pour siffler un journaliste de TF1 qui a le malheur de faire un direct au pied de la scène et lui tourne le dos. Un vrai travailleur, pourtant.

Au terme d’une heure, pas une pointe d’émotion. “Le problème n’est pas le mien, c’est celui du pays. Si j’avais un sentiment personnel, je le garderais pour moi” , botte-t-il en touche à la sortie.

Les lieutenants l’affirment:   il est soulagé que ce marathon s’achève. “Il est épuisé” , confie un proche.

Déjà, certains de ses amis, comme Edouard Balladur, le poussent à conduire l’UMP aux législatives en juin, même en cas de défaite. Il refuse.

“Quoi qu’il arrive, ce sera ma dernière campagne” , répète le président. Samedi, il est resté chez lui avec Carla et Giulia “à attendre paisiblement” .

Est-il content de sa campagne? “Avec François Hollande, on s’est réparti les choses, l’arrogance pour lui, l’humour pour moi”, flingue-t-il encore. “En tout cas, c’est la campagne que je voulais faire.”

Défiant les journalistes qui l’interrogent sur l’après, il leur donne rendez-vous dimanche soir à la Mutualité. “Prenez des forces, parce que pour cinq ans, vous allez devoir vraiment travailler!” Sous-entendu, vous n’en avez pas fini avec moi…



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