Monde Le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) devrait gouverner avec la Ligue (extrême droite).

Le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) a demandé lundi quelques jours de plus pour former avec la Ligue (extrême droite) un gouvernement d’union, faute d’accord pour l’instant sur les détails de son programme et l’identité de son futur chef. "Comme nous sommes en train d’écrire ce qui sera le programme du gouvernement pour les cinq prochaines années, il est important pour nous de l’achever au mieux. C’est pourquoi nous avons demandé quelques jours de plus", a déclaré Luigi Di Maio, chef de file du M5S.

Le patron de la Ligue , Matteo Salvini, s’est rendu à son tour au palais du Quirinal pour rencontrer le président Sergio Mattarella. "Il y a encore du travail", avait reconnu M. Salvini en début d’après-midi.

M. Salvini a ainsi évoqué des "visions différentes" sur "certains points importants comme les infrastructures", mais aussi l’immigration ou les rapports avec l’Union européenne. "Sur l’immigration, les positions de la Ligue et du M5S partent d’une distance conséquente et, dans le respect des droits humains, des traités et de la solidarité, je refuse d’imaginer un énième été d’arrivées et de business de l’immigration clandestine’".

Le nom du futur chef du gouvernement reste l’une des grandes inconnues. Chaque camp s’opposant fermement à la désignation du chef de l’autre, la presse évoque la recherche d’une personnalité compatible avec les deux sans être trop liée à l’un ou à l’autre, susceptible de faire autorité au plan international et de rendre compatible avec Bruxelles la tonalité eurosceptique du futur exécutif.

M. Di Maio a répété que le "contrat de gouvernement" serait soumis aux militants du M5S via un vote en ligne, selon une procédure classique de ce mouvement né en 2009 du rejet de la classe politique traditionnelle et qui prône une forme de démocratie directe via Internet.

Sur le contenu de l’accord de gouvernement, la synthèse n’est pas simple entre la Ligue, formation nationaliste proche du Front national français, qui a fait le plein de voix dans le Nord sur la promesse de baisses massives d’impôts, et le M5S, plus ambivalent sur l’Union européenne et plébiscité par le Sud pour avoir promis un revenu de citoyenneté.