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Des sénateurs républicains ont défié Donald Trump mercredi en proposant une loi qui obligerait le président américain à requérir l'approbation du Congrès pour imposer certains droits de douane, signe du malaise suscité dans son propre camp par sa récente décision d'imposer de lourdes taxes aux importations.

Donald Trump a rapidement fait part de son mécontentement à l'influent sénateur Bob Corker, qui porte ce projet, lors d'une "longue" conversation téléphonique mercredi.

"Il n'est pas heureux de cette initiative", a confié à CNN Bob Corker, qui n'a pas à craindre les foudres du président lors des prochaines élections parlementaires puisqu'il quittera le Sénat en janvier.

Si l'adoption du projet de loi par le Congrès est loin d'être assurée, cette rare rébellion témoigne de la colère persistante de nombreux républicains, traditionnels pourfendeurs du protectionnisme qui s'inquiètent aussi d'une possible montée des prix pour les consommateurs américains, en pleine année électorale.

Un "grand nombre" de républicains ont exprimé leur soutien à l'initiative, a affirmé Bob Corker, avant toutefois d'ajouter: "est-ce qu'ils vont, pour d'autres raisons, la soutenir ou pas, nous verrons".

Cinq autres sénateurs républicains --Pat Toomey, Lamar Alexander, Ron Johnson, Mike Lee, Jeff Flake-- ainsi que quatre démocrates --Heidi Heitkamp, Mark Warner, Brian Schatz, Chris Van Hollen-- ont officiellement présenté ce texte au Sénat.

Avec ses taxes sur l'acier et l'aluminium importés, l'administration Trump "outrepasse" l'autorité déléguée au président par le Congrès lui permettant d'agir s'il juge que des importations menacent la sécurité des Etats-Unis, affirment-ils dans un communiqué.

Leur proposition sera présentée dans un amendement à la grande loi annuelle sur la Défense qui sera débattue dans les prochaines semaines au Sénat.

Mais de l'autre côté du Capitole, le chef républicain de la Chambre des représentants a signalé mercredi qu'une telle loi avait peu de chances de passer, sachant qu'elle ne serait certainement pas promulguée ensuite par Donald Trump.

Paul Ryan avait pourtant immédiatement exprimé son "désaccord" avec la décision du président américain, le 1er juin, d'imposer de lourdes taxes douanières sur l'acier et l'aluminium importés notamment depuis l'Union européenne, le Canada et le Mexique.

Ces mesures "ciblent les alliés des Etats-Unis", avait-il déploré.

Plusieurs partenaires commerciaux des Etats-Unis dont la Chine, le Canada et l'Union européenne, ont saisi l'OMC après la décision américaine.