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Véronique De Keyser, députée européenne PS, était l’invitée politique du 7.40 de www.twizzradio.be ce jeudi matin

BRUXELLES Le président palestinien Mahmoud Abbas fera voter en soirée par l'Assemblée générale de l’ONU une reconnaissance implicite d'un Etat palestinien (résolution faisant de son pays un Etat observateur à l'ONU). L'attitude de la Belgique sera décidée dans le courant de la matinée. Véronique De Keyser (PS) analyse : "Le PS s'est prononcé pour, les ecolos se sont prononcés pour, d'autres partis aussi. La seule chose qui a changé c'est la position du ministre des affaires étrangères. Je ne veux pas faire de mauvais procès à Didier Reynders car je ne sais pas si c'est lui qui est derrière ce frein, mais c'est tout à fait étonnant de la politique belge", estime Véronique De Keyser.

Cependant, les positions sont susceptibles d'évoluer dans la matinée car le gouvernement se réunit et le sujet est à l'ordre du jour. "On ne connaîtra les positions de la Belgique que très peu de temps avant le vote", répond la députée européenne PS.

Cette position belge pas entièrement arrêtée fait penser à certains qu'elle se conformera à la majorité des pays membres de l'Union Européenne. "Avouez tout de même que ce ne serait pas très glorieux !", réagit sans détour Véronique De Keyser. Elle poursuit : "Quand nous avons pris notre position à l'Unesco, nous avons été assez pionniers là dedans. Là aussi, il y avait beaucoup de pays qui disaient non et j'ai cru à ce moment-là que la Belgique s'abstiendrait. Ici, après le précédent de l'UNESCO, après tout ce que l'on a promis à la Palestine, le moment est venu, mais il ne vient jamais !. Les Palestiniens qui veulent la voix de la paix et de la négociation en ont un peu marre aujourd'hui !".

Pour rappel, le Sénat belge a voté une proposition de résolution demandant au gouvernement de reconnaître l’Etat palestinien. La Belgique a également voté pour l’admission de la Palestine à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). C'est ce qu'évoque Véronique De Keyser.

La députée européenne en appelle à une position de courage du Gouvernement belge. "Je ne sais pas s'il faut du courage politique pour cela, mais il faut en tout cas une conscience politique si l'on ne veut pas voir les extrémistes gagner dans ces pays-là !", poursuit Véronique De Keyser. Cette reconnaissance implicite, cette légitimité universelle sonne comme un signal d'espoir de paix et de négociation pour la députée PS, et le cas contraire elle ne "répond pas de ce qui pourrait se passer au Moyen-Orient".

© La Dernière Heure 2012