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Violée sous prétexte d'exorcisme vaudou, une adolescente de 17 ans a raconté mercredi à la justice française la "peur" et les "pressions" infligées par son agresseur togolais et sa mère, accusée de l'avoir livrée au violeur par superstition.

"Il a essayé de me détruire", a déclaré face à la cour d'assises de Bobigny, près de Paris, la jeune femme, cheveux tirés vers l'arrière et visage juvénile. "J'avais peur. Il me disait que si je refusais les cérémonies, j'allais mourir", a-t-elle ajouté, d'une voix posée.

L'adolescente, âgée de 14 ans à l'époque des faits entre fin 2010 et début 2011, a expliqué comment sa mère l'avait convaincue de laisser faire l'accusé, qui allait ainsi la "libérer" d'un mauvais esprit qui habitait en elle.

"J'avais confiance en ma mère. Je ne pensais pas qu'elle pouvait me faire du mal", a expliqué l'adolescente, qui accuse sa mère d'avoir fourni des préservatifs à l'accusé, mais aussi de l'avoir rémunéré, pour mener à bien ces séances d'exorcisme.

"Elle ment", a assuré cette mère de quatre enfants, âgée de 41 ans. "Tout ce que j'ai pratiqué avec les enfants, c'était des prières et des purges", a ajouté cette petite femme, décrite comme "influençable" et "vulnérable" par les experts.

Interrogé par la cour, l'accusé a reconnu avoir violé l'adolescente, assurant avoir agi "sous l'emprise" d'esprits vaudous, sans apporter de réponse claire sur la participation ou non de la mère de la victime à ces séances.

"Les vaudous m'avaient dit : soit tu couches avec une mineure, soit tu tues un albinos", a raconté ce Togolais installé en France depuis 14 ans. "Je ne voulais pas le faire, mais il y a eu des menaces. Nous étions sous leur emprise", a-t-il assuré.

Dénoncé par son beau-frère, lui-même alerté par les soeurs de l'adolescente, l'accusé avait finalement été interpellé le 24 février 2011, moins d'une heure après un dernier viol sur sa victime.

Le procès, qui a début mardi, doit s'achever vendredi.

Ce procès intervient alors que les cas d'exorcisme, visant à expulser les démons qui se seraient emparés d'une personne, se multiplient en France.