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L'Union européenne a adopté une "liste noire" de 17 paradis fiscaux, a annoncé mardi à Bruxelles le ministre français des Finances, Bruno Le Maire.

"Nous avons adopté aujourd'hui au niveau de l'UE une liste d'Etats qui ne font pas le nécessaire pour lutter contre l'évasion fiscale. Cette liste qui est une liste noire comprend 17 États", a déclaré M. Le Maire devant des journalistes, lors d'une réunion des 28 ministres des Finances de l'UE à Bruxelles.

Selon une source diplomatique, les 17 pays qui figurent sur la liste noire sont les suivants: Bahreïn, Barbade, Corée du Sud, Emirats Arabes Unis, Grenade, Guam, Îles Marshall, Macao, Mongolie, Namibie, les Palaos, Panama, Samoa, les Samoa américaines, Sainte Lucie, Trinidad et Tobago et Tunisie.

"Et il y a 47 pays sur une liste grise --des pays qui ont pris des engagements qui doivent être suivis, ndlr--", a ajouté M. Le Maire.

Selon une source diplomatique, le Maroc et le Cap Vert auraient pu se retrouver sur la liste noire, mais après des discussions mardi matin, ils sont sur la liste grise. Ils avaient envoyé des engagements très récemment.

Huit pays, affectés par les ouragans en septembre, qui devaient faire l'objet d'un examen poussé des pays de l'UE, ont un temps de sursis jusqu'au printemps.

Il s'agit entre autres d'Anguilla, Antigua et Barbuda, Bahamas, Dominique, Iles vierges britanniques, Iles vierges américaines, Iles Turks-et-Caïcos.

Insuffisant, selon les Verts et le PS

La liste noire de 17 paradis fiscaux épinglés par l'Union européenne est largement insuffisante, ont dénoncé les Verts et l'eurodéputé PS Hugues Bayet. "Les tractations politiques ont conduit à mettre de côté des paradis fiscaux notoires, comme les territoires offshores britanniques, Hong Kong, le Qatar, ou encore la Suisse et les États-Unis", dénonce Eva Joly, vice-présidente de la commission d'enquête sur les Panama Papers.

"Cette liste est avant tout politique. Les États membres ont réussi à faire pression pour que leurs propres dépendances et territoires alliés n'y figurent pas", affirme l'eurodéputée, déplorant aussi l'absence de sanctions. Il n'est pas acceptable non plus à ses yeux que les États membres de l'UE aient été d'emblée exclus du processus de liste noire, alors que les Pays-Bas, l'Irlande, Malte, le Luxembourg et Chypre ne respectent pas les critères demandés aux pays tiers.

Hugues Bayet (PS) s'étonne aussi que certaines juridictions comme Jersey ou l'île de Man, abondamment citées dans les Paradise papers, n'y figurent pas, pas plus d'ailleurs que les Etats-Unis dont le Delaware est pourtant une plaque tournante de l'offshore. Avec l'absence sur la liste de certains États de l'Union, "tout ceci démontre que les États membres ont une fois de plus manqué du plus élémentaire courage alors que chaque année, ce sont 1.000 milliards de recettes fiscales qui leur échappent en raison des pratiques d'évasion fiscale et de blanchiment."