Monde

La semaine passée, Oscar Pérez, 36 ans, père de trois enfants, a été tué avec six autres hommes lors d'une opération de police. Il était considéré comme le "criminel le plus recherché" du pays.

Des hôpitaux sans médicaments, des bébés qui meurent de malnutrition. Depuis l'arrivée de Nicolas Maduro au pouvoir en 2013, le Venezuela s'est enfoncé dans une grave crise économique, politique et sociale, notamment en raison d'une chute des prix du pétrole dont le pays est très dépendant. Un mouvement de contestation a pris de l'ampleur dans les rues du pays. La répression a été sanglante. En août dernier, l'ONU dénonçait dans un rapport le comportement des forces de sécurité du pays et les groupes armés progouvernementaux. Parmi les opposants les plus virulents à Maduro figure Oscar Pérez, 36 ans, tué la semaine passée avec six autres hommes lors d'une opération de police. 

Vol d'hélico, jet de grenades...

Ex-policier dans la police scientifique, plongeur de combat, pilote de l'ancien ministre de l'Intérieur et acteur dans un film (la "Mort suspendue"). Bien avant de rentrer dans la contestation politique, la vie d'Oscar Pérez avait déjà tout d'un film.


Le 27 juin, il va jusqu'à survoler Caracas à bord d'un hélicoptère dérobé à la police. Accompagné d'hommes armés, il lance quatre grenades sur la Cour suprême vénézuélienne et tire sur le ministère de l'Intérieur.

L'attaque surprise survient durant une vague de manifestations demandant la démission du président et au cours desquelles 125 personnes ont été tuées entre avril et juillet.

"Une guerre" au gouvernement

Dans ce pays très militarisé, il parvient à s'échapper après ce coup d'éclat et multiplie ensuite les apparitions furtives en public ou via les réseaux sociaux.

Malgré des avis de recherches placardés dans le pays montrant son visage, il étonne en refaisant surface deux semaines après son opération en hélicoptère, lors d'un hommage à des opposants morts pendant les manifestations.

Il revient au premier plan en décembre, lorsqu'un commando dérobe 26 Kalashnikov et des munitions dans une garnison de la Garde nationale à Laguneta de La Montana (nord). Devant les caméras, il promet alors "une guerre" au gouvernement qui a donc pris fin mi-janvier.


Une interview au New York Times

Le New York Times vient de publier le contenu de messages cryptés que le Vénézuélien échangeait avec la rédaction les deux derniers mois de sa vie. "Je me bats pour la liberté du pays, pour un avenir meilleur. La mort est ce qui m'effraie le moins, c'est la peur de l'échec, de l'échec du peuple."

© AFP

Dans ces messages, l'ancien militaire a évoqué différents sujets et notamment le vol de l'hélicoptère. "Nous voulions qu'il y ait un appel dans les rues ce jour-là, qu'il y ait de grandes manifestations, que les gens réalisent qu'un mouvement avait commencé", a-t-il dit dans un de ses messages. "Mais malheureusement, il n'y en avait pas."

Considéré comme un terroriste par les autorités vénézuéliennes, il affirmait également que s'il avait voulu avec ses comparses tuer quelqu'un, ils l'auraient"déjà fait."

Il a été tué le 15 janvier après un siège qui a duré 9 heures près de Caracas en direct sur les réseaux sociaux en déclarant dans une vidéo avant de mourir: "Je veux demander aux Vénézuéliens qu’ils ne baissent pas les bras, qu’ils luttent, qu’ils sortent dans les rues, il est temps que nous soyons libres !"