Monde Une campagne plutôt humoristique est lancée pour retrouver 21 fugitifs

Tout est parti d’un constat : les fugitifs ont tendance à se fondre dans des endroits de villégiature, profitant, comme les touristes, du soleil et de la plage. Or, des millions d’Européens sont pour le moment en vacances.

D’où l’idée de cette campagne qu’Europol a lancée vendredi en diffusant dans la presse et sur les réseaux sociaux 21 cartes postales adressées, avec un humour grinçant, à 21 fugitifs activement recherchés par les polices européennes.

Ce n’est pas du menu fretin : il y a là des meurtriers, des gens issus du crime organisé, des trafiquants de drogue, tous condamnés et faisant l’objet d’un mandat d’arrêt européen.

La police fédérale belge et son unité Fast (Fugitive Active Search Team) ont choisi, pour leur part, Artur Nawrocki, un ressortissant belge de 38 ans, qui a été condamné en 2014 par le tribunal de première instance de Bruxelles à quinze ans de prison pour avoir dirigé une organisation criminelle internationale en matière de stupéfiants. La bande fabriquait de la drogue synthétique MDMA dans des laboratoires à Chimay et à Vilvorde. Environ 1,4 tonne de cette drogue avait été saisie.

Mais il y a de fortes chances qu’Artur Nawrocki ait quitté la Belgique. D’où l’intérêt de campagnes européennes, sinon internationales, pour le retrouver. "Il n’y a pas de statistiques à ce propos", explique Tine Hollevoet, porte-parole à Europol (La Haye), "mais l’expérience nous le dit : la plupart de ces criminels se cachent dans des pays où il fait beau et où on mange bien, notamment en Espagne, en France, en Grèce ou en Turquie. Nous pensons que la plupart des fugitifs ne se trouvent plus dans le pays où ils ont commis les faits".

Dans sa carte, la police fédérale belge invite donc Artur Nawrocki à venir goûter des frites en Belgique. "Nous savons qu’elles te manquent […] Une belle surprise t’attend."

Les Hongrois promettent "un goulasch épicé" à leur fugitif tandis que les Roumains l’invitent à la "parade annuelle" du comte Dracula.

La carte a été conçue par chaque pays. "Le but était que chaque pays fasse un clin d’œil sur lui", explique Guy Theyskens, porte-parole à la police fédérale. "Le côté humoristique n’enlève pas la volonté d’amener ces fugitifs-là où ils doivent aller : en prison."

Un succès indéniable

Depuis qu’Europol a mis en ligne ses Most Wanted en 2016, 36 criminels recherchés ont été arrêtés, dont "au moins 11" à cause de renseignements fournis par le public à la suite de la publication des photos. Quatre fugitifs se sont même rendus.

L’un d’eux est le Luxembourgeois Luc Schiltz. Subitement exposé à la notoriété sur le Net, il s’est livré à la police le 15 juillet. Il avait été condamné trois fois pour fraude, abus de confiance et fraudes portant atteinte aux intérêts financiers des communautés européennes.


www.eumostwanted.eu/summercampaign