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Le premier réseau actif 5G de Belgique a été lancé mercredi dans un parc technologique de Hasselt.

Il s'agit d'un environnement de test pour des entreprises et des chercheurs. L'utilisateur final devra, quant à lui, encore attendre probablement deux ans ou davantage avant de pouvoir connecter ses appareils au successeur de la 4G. L'équipementier en télécoms suédois Ericsson a reçu gratuitement des autorités un morceau de spectre radio afin de rendre possible cet environnement de test sur le campus d'incubateurs d'entreprises Corda Campus. "La seule chose que nous avons demandé est que la 5G soit ouverte à la communauté des start-ups, de façon à ce qu'elles aient accès à cette technologie à un stade précoce", a précisé le ministre des Télécommunications Alexander De Croo, présent lors du lancement.

Durant une démonstration en direct, qui a partiellement échoué en raison de problèmes de connexion, Ericsson a expliqué ce que peut signifier cette nouvelle technologie. Une de ses composantes importantes est que le "network slicing" est désormais possible. De façon imagée, cela veut dire que le réseau peut être divisé en plusieurs voies et qu'une bande de circulation reste disponible pour des tâches critiques si cela s'avère nécessaire.

Cela doit permettre d'éviter à l'avenir des situations comme celle vécue lors des attentats du 22 mars 2016 dans le métro bruxellois et à l'aéroport de Zaventem. Les réseaux mobiles avaient alors été saturés en raison du grand nombre d'appels passés en même temps. Grâce à la 5G, une connexion stable peut par ailleurs littéralement sauver des vies lors d'opérations chirurgicales à distance via une liaison vidéo en direct.

L'équipementier en télécoms suédois a déjà trouvé deux partenaires pour tester ce nouveau réseau à Hasselt: la société de consultante AE et la Haute Ecole PXL. D'après Saskia Van Uffelen, la CEO d'Ericsson Belux, la localisation du campus à Hasselt peut également stimuler des projets transnationaux, avec des villes telles qu'Eindhoven et Aix-la-Chapelle à proximité.

D'après la patronne de l'entreprise suédoise, il est important de développer de nouveaux modèles de revenus pour la 5G en collaboration avec le monde industriel. Selon elle, les consommateurs européens ne veulent en effet pas payer davantage pour un Internet mobile plus rapide. "En Asie, c'est différent: là-bas, le consommateur est prêt à payer plus pour davantage de données, un Internet plus rapide ou une plus grande disponibilité. Les Européens estiment eux que le prix doit rester identique. Nous ne pourrons pas en faire un modèle rémunérateur."

Alexander De Croo veut, de son côté, déjà mettre en branle le train de cette nouvelle technologie pour un usage commercial. "En février, j'irai devant le conseil des ministres avec une proposition pour vendre commercialement (aux opérateurs mobiles, ndlr) aux enchères le futur spectre pour la 5G, en vue d'un usage à partir de 2020 ou 2021, j'espère", a-t-il ainsi confié. Le ministre ne donne pas la priorité absolue au rendement. "Ce qui est essentiel ici, c'est que nous obtenions des investissements dans notre pays et prenions la tête. C'est plus important qu'un certain rendement."