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C’est absolument vrai : un smartphone n’est rien d’autre qu’un ordinateur miniature. Il lui emprunte donc ses qualités, mais, aussi, malheureusement, ses maladies. Et la maladie majeure de l’ordinateur, c’est bien entendu le virus…

S’il était impossible de procéder à un hack massif de ce bon vieux survivant qu’est le Nokia 3210, pondu par le Finlandais à l’heure où il régnait encore sans partage sur le marché de la téléphonie mobile et où l’on ne parlait pas encore de smartphones; le plus récent, puissant et onéreux des téléphones intelligents, est 1.000 fois plus vulnérable aux attaques informatiques que son ancêtre. Parce que connecté à la Toile, parce que passerelle vers des milliards d’applications dont toutes ne sont pas saines.

C’est ce que confirme une étude du cabinet Juniper : de mars 2012 à mars 2013, le nombre de programmes malveillants qui ont infecté les smartphones ont littéralement explosé, à + 614 %.

L’immense majorité de ces malwares se concentre sur un écosystème, de très loin majoritaire sur le mouvementé marché smartphonien : l’Operating System Android, signé Google. Qui donne le La à plus de 7 smartphones sur 10 en circulation dans le monde. 92 % des attaques pirates ont eu lieu sur un Androphone.

Pourquoi ? Deux raisons majeures. La première, c’est la part de marché insolente d’Android, dont le système de Google est ici victime. C’est le syndrome Windows : pragmatiques, les pirates s’intéressent aux systèmes où la foule se retrouve en masse, nettement moins aux alternatives minoritaires. La seconde, c’est la nature même d’Android, un logiciel libre, où les filtres de sécurité sont probablement moins stricts qu’ailleurs, où les applications proposées sur le Play Store sont moins fermement scrutées, et validées.

Les attaques peuvent prendre des formes multiples, de l’appli virale éphémère sur le Play Store à l’envoi d’un SMS ou d’un mail frauduleux, invitant à la (fausse) mise à jour ou l’installation d’une application. Un launcher démarrera bien, mais pour installer un logiciel nettement moins désirable. L’étude fait aussi écho de l’essor d’attaques autrement plus sophistiquées, relevant du piratage de données ou de l’espionnage industriel ou gouvernemental.

Faut-il pour autant boycotter Android ? Non, bien entendu. L’OS a des milliers de richesses à offrir, et, surtout, il est le seul à performer sur un nombre aussi étendu de marques, de terminaux, donc de budgets divers et variés. Redoubler de vigilance lorsqu’on manipule son smartphone, et y appliquer les mêmes recommandations que sur un PC, ce qui peut éventuellement amener à envisager l’installation d’un anti-virus mobile, est une solution plus mesurée et intelligente qu’un boycott pur et dur.

Car même s’ils y sont nettement plus rares, les malwares grignotent aussi l’iPhone…