New-Tech Après le flop magistral du Galaxy Note 7, Samsung se devait de revenir avec du lourd. Le Galaxy Note 8 coche toutes les cases, mais sans uppercut majeur, à un tarif astronomique. Test.

C’est rien de dire que la délicate succession du Galaxy Note 7, mort-né suite à ses soucis de batterie, était une question explosive, pour le titan sud-coréen. Animé d’une envie de remettre les points sur les i (au stylet), le leader du marché revient donc, pétri d’ambitions, nourrir l’appétit de la clientèle en quête d’écrans très larges. Dans ce rayon, celui des phablettes, la gamme Note, née à l’IFA de Berlin en 2011, a su se tailler une solide réputation, que tentent d’écorner, notamment, Huawei Mate et iPhone Plus depuis plusieurs itérations.

S’il est tiré par une légitime attente des suiveurs, le Galaxy Note 8 part toutefois avec un boulet dans les pattes : il est fort proche du Galaxy S8 +, grand frère du Galaxy S8 et immense succès commercial. À part un second module photo (c’est d’ailleurs la première fois seulement que Samsung succombe à la mode du double capteur, c’est tard, pour le leader du marché…); un dixième de pouce d’écran en plus et un stylet, Galaxy S8 + et Galaxy Note 8, c’est un peu chou vert et vert chou… Sauf que le Note 8 coûte 1.000 €. Il affiche un écran en dalle Super Amoled de 6,3 pouces (d’une résolution WQHD + de 2.960 x 1.440 pixels), un processeur maison Exynos 8895, 6 Go de RAM et 64 Go de stockage - extensible par microSD. Pour la photo, il ajoute au capteur 12 Mépagixels du S8 + un second module, lui aussi en 12 Mp, mais surmonté d’une optique stabilisée.

Pour la batterie, rien de dingue : elle fait ici 3.300 mAh - contre 3.500 mAh pour le S8 +.

Design et ergonomie

© DR
Si l’air est connu, c’est parce que la chanson est la même : en termes de matériaux (le verre trempé, le métal), de qualité d’assemblage, de douceur de prise en main (via les bords arrondis et l’écran légèrement incurvé sur les bords du terminal), d’excellence de l’écran et de l’occupation de celui-ci sur la face avant (83 %), on est en terrain conquis. C’est du Galaxy S8 Notisé. Donc c’est excellent, mais ça surprend peu et ça a les mêmes défauts que son modèle : une face arrière qui capte plus encore les traces de doigts que ce mobile n’accroche la 4G.

Différence notable : le gabarit, évidemment. Le Note reste un grand téléphone, pas évident à prendre en (une seule) main. C’est un inconvénient majeur en certaines situations (dans la poche), un véritable atout dans d’autres (vidéo, jeu,…). Tout dépend des priorités de l’utilisateur.

Enfin, impossible d’évoquer le Note sans le stylet qui va avec. Même si nous sommes persuadés que l’immense majorité des acheteurs du terminal ne font pas réellement usage de la chose, il faut reconnaître la grande efficacité de l’outil, tant en prise de note rapide, que de dessin ou de création de messages animés.

Grosse déception, en revanche, du côté du lecteur d’empreintes digital (qui fait aussi cardiofréquencemètre) : situé au dos de l’appareil, juste à côté des capteurs photo, il est horriblement mal placé vu la taille du Note, et de facto quasi hors d’atteinte. Fort heureusement, le Note 8 propose d’autres moyens de le réveiller. Outre les classiques codes PIN et schémas de déverrouillage, la reconnaissance faciale est de la revue, comme le scanner d’iris. Bémol : si ceux-ci fonctionnent parfaitement dans de bonnes conditions (luminosité, notamment), ils ne sont pas aussi efficaces qu’un bon vieux lecteur d’empreinte biométrique des familles… Et pour cause : la reconnaissance faciale dont on parle ici se contente de comparer votre visage à une photo, pas de scanner en 3D vos traits, comme le propose Apple avec Face ID sur l’iPhone 10.

Pour le reste, on apprécie les performances photo de l’engin, pas forcément au même niveau que ce qu’il se fait de mieux pour l’instant (le HTC U11, potentiellement les nouveaux Mate et iPhone X), mais excellentes en conditions de bonne luminosité. Il va de soi que, vu le hardware embarqué, le Note 8 tourne comme une horloge, sans le moindre ralentissement.

Verdict

Sans la moindre faute de goût, doté d’un écran splendide, le Note 8 coche toutes les cases de la phablette haut de gamme made in Q3 2017. Bémol : certains de ses atouts sonnent un peu gadget (le stylet, le lecteur d’empreintes mal placé) tandis que son gabarit n’est définitivement pas taillé pour tous. Pour plusieurs centaines d’euros de moins, se tourner vers le Galaxy S8, plus consensuel, nous semble être une meilleure option.

© DR