New-Tech À part le One Plus 6, on voit mal quel rival pourrait mettre à terre l’itération la plus huppée du P20 d’Huawei… Test.

Tout est grandiloquent, dans ce P20 Pro. Son lancement, mondial, au Grand Palais de Paris, où Huawei a fait venir, par les airs et le rail, 2.000 journalistes du mond entier. Son approche photographique, puisque le P20 Pro est le premier smartphone au monde à embarquer trois capteurs dorsaux sur un dos, pour une approche et un résultat global plus proche que jamais, sur un téléphone, du monde de la photographie professionnelle. Son prix, aussi : 899 €, voilà un tarif à laquelle la marque chinoise, malgré une montée en gamme crescendo, ne nous avait pas habitués… Pourtant, comme disent nos amis anglais, ce smartphone haut-perché worth every penny. Test, après trois semaines d’utilisation.

Design et prise en main

Le P20 Pro aurait-il eu cet aspect, si, six mois plus tôt, Apple n’avait pas présenté au monde sa nouvelle perception du smartphone, avec l’iPhone X ? La réponse est clairement non. Dalle à bords perdus (si ce n’est au bas de la face avant, où Huawei, conservateur, loge un capteur d’empreintes digitales malgré le fait que la reconnaissance faciale du P20 Pro fonctionne plutôt bien), encoche supérieure sur la partie supérieure de l’écran pour y loger la caméra (bien moins large, d’ailleurs, que celle de l’iPhone X), positionnement des capteurs photographiques dorsaux : l’iPhone X est clairement l’inspiration stylistique de la gamme P20. On repassera donc pour l’audace et l’originalité, reste à Huawei son goût des choses bien faites et bien assemblées : le P20 Pro est un smartphone qui captive le regard (effet renforcé par le revêtement dorsal, tout de verre vêtu, de l’appareil, surtout en finition bleue ou Twilight), dont l’usage et la prise en main son parfaitement pensés.

L’écran

Huawei a opté pour une dalle OLED (la seule du portfolio P20) de 6,1 pouces, affichant 2240 x 1080 pixels sur un ratio 18,7 : 9. Une fois le paramétrage Couleurs vives (pourquoi les fabricants s’entêtent-ils à pousser, de série, ce mode brûle rétines ?) passé sur Couleurs naturelles, il lâche tout son potentiel : des noirs profonds, une luminosité impressionnante, des contrastes idéaux. A dire vrai, la dalle du Mate 10 Pro n’était pas forcément moins bonne. Mais comme elle était déjà pratiquement parfaite…

Sous le capot

Ce n’est pas ici qu’Huawei tente d’en mettre plein la vue, en jouant la carte de la surenchère. Le processeur qui fait ronronner l’engin (Kirin 970 et ses huit cœurs, le même que sur le Mate 10 Pro), bien qu’excellent, reste ainsi légèrement en retrait du Snapdragon 845 (tous les benchmarks le disent). Il n’empêche : épaulé par 6 Go de RAM et un GPU dédié, il fait largement le café. Il embarque, aussi, un NPU (Neural Processing Unit), un cœur dédié à la gestion des opérations d’intelligence artificielle. Au quotidien : RàS. Tout est particulièrement fluide, les jeux gourmands s’affichent sans sourciller, à framerate constant, en dépit d’une légère tendance à la chauffe (homogène, et non concentrée sur un point précis du terminal).

Côté son, cela a le mérite d’être signalé : le P20 Pro est compatible Dolby Atmos (via un casque filaire compatible). Il embarque aussi, comme c’est désormais de coutume, deux haut-parleurs stéréo.

Les photos/vidéos

La grosse pièce. Huawei, toujours en partenariat avec Leica, mise sur un trio particulier : un capteur de 40 Mégapixels (ouverture à f/1.8), un autre de 20 Mégapixels (pour capturer les clichés noir et blanc, ouverture à f/1.6) ainsi qu’une troisième optique 8 Mpx, dédiée au zoom, d’abord optique, mais aussi hybride 5x. Ce dernier est particulièrement bluffant, tout comme l’aspect naturel des clichés capturés et le traitement de l’image procédé par la machine, particulièrement efficace en terme d’annihilation de bruit. On a clairement, avec ce mobile, capturé les plus jolis clichés jamais pris depuis un smartphone. Le parti photographique est donc largement tenu, même s’il faut nuancer : le P20 Pro n’est pas aussi compétente à faible luminosité que le prétend Huawei. Qui, en comparant la même photo toute sombre prise par un iPhone X à celle, lumineuse et fourmillant de détails, capturée par son P20 Pro, a atteint les sommets de la mauvaise foi : le cliché iPhone X était réalisé avec une exposition d’1/4 de seconde, quand celui du P20 Pro a bénéficié de 56 secondes d’exposition…

Autonomie

4.000 mAh pour la batterie inamovible embarquée : c’est beaucoup (et c’et plus que les 3.500 mAh du Galaxy S9 +) et ça se ressent bien. Le P20 Pro passe sans encombre la journée, et survivra jusqu’à midi le lendemain en utilisation standard.

Verdict

Tient-on le meilleur smartphone du moment ? Pas impossible. En tout cas, jamais Huawei n’a tenu le regard aussi franchement à ce qu’Apple et Samsung avaient de mieux en rayons (respectivement : iPhone X et Samsung Galaxy S9 +). Le tiercé dans l’ordre dépendra fortement de vos préférences, mais si vous avez plus de 800 € à mettre dans un téléphone, ce serait de la sottise que de ne pas considérer le P20 Pro. Huawei a trouvé sa Rolls.