New-Tech Disney divorce de Netflix, qui pourrait aussi perdre les contenus de la Fox. Pendant ce temps, Facebook, avec Watch, lance sa propre échappée...

Pourquoi donc refiler tous nos contenus à un canal de diffusion qui va tirer les marrons chauds du feu à notre place ?

Voilà la réflexion que semblent s’être posée, dans une drôle de concordance d’agenda, trois acteurs majeurs du monde des médias : Facebook, la Fox et Disney. Avec des desseins bien différents, mais une stratégie commune : celle de proposer, chacun, leur propre plateforme de streaming. Pour rester maîtres de leurs contenus tout en boostant leurs revenus.

Le cas le plus symbolique est celui de Disney. Bob Iger, le grand manitou de la firme aux grandes oreilles, à défaut de pouvoir racheter Netflix (piste étudiée il y a quelques mois), a annoncé cette semaine qu’il allait s’en désolidariser. À partir de 2019, il n’y aura plus, pour les 100 millions d’abonnés à Netflix, de contenus Disney au catalogue du champion de la SVOD. À cette échéance, Mickey aura saisi "l’incroyable opportunité qui se tient devant nous de nous connecter directement aux millions de passionnés de l’univers Disney, que nous ne pouvons toucher, de manière directe, actuellement que dans nos parcs à thème".

Vous avez bien compris : les films triple A (Pirates des Caraïbes, Star Wars, peut-être Marvel, le catalogue Pixar, l’offre jeunesse, les classiques d’animation, etc.) prendront place, dans moins de deux ans, sur une sorte de Disneyflix, proposée en stand-alone. Un an plus tôt, les contenus sportifs d’ESPN auront déjà eu droit au même traitement. Vous avez dit séisme ?

Moins de 48 h après cette annonce coup de poing, 21th Century Fox prend déjà la roue de l’échappé Disney. "Nous restons très ouverts pour ce qui est de proposer une offre indépendante payante et directe aux consommateurs", a déclaré James Murdoch, le directeur général adjoint de la Fox et plus jeune fils du nabab des médias Rupert Murdoch, lors de l’annonce des résultats financiers de l’entité qu’il codirige. Il a également indiqué que des productions Fox quitteront Netflix prochainement.

Sans doute le dernier mouvement de Netflix, qui vient d’acquérir MillarWorld, la maison d’édition de comics derrière laquelle sommeillent les franchises Kick-Ass, Kingsman et Wanted, a-t-il été peu apprécié des géants traditionnels de l’industrie. Que Netflix produise ses propres contenus, souvent avec talent, était une chose. Que, pour la première fois, il engloutisse un éditeur de contenus, en l’occurrence un mini-Marvel, manifestement, ça irrite...

Et pendant ce temps, Facebook annonce Watch, une plateforme de streaming qui lorgne tant vers Netflix que YouTube, voire la télévision.

Le nerf de la guerre médiatique, c’est plus que jamais le contenu.