New-Tech Le réseau social vient d’annoncer Watch, une nouvelle plateforme de streaming qui doit permettre de doper ses revenus publicitaires, et boucler la boucle de la monétisation de ses contenus.

Quelque part entre YouTube et Netflix. Tel est le positionnement de Watch, le dernier service annoncé il y a quelques heures par le réseau des réseaux, Facebook. Il s’agit d’une plate-forme de streaming de vidéos, incorporée à l’application mère Facebook. Pour l’heure, elle n’est accessible qu’à un groupe restreint d’Américains. Mais le doute n’est pas permis elle sera "bientôt" disponible dans toute l’Amérique. L’Europe suivra théoriquement, selon un agenda pas encore établi, mais forcément plus étendu.

Watch permet d’accéder à des contenus vidéo de nature diverse et variée : programmes culinaires, sportifs (un match de base-ball par semaine, de la NBA, des séries, des lives interactifs de personnalités avec leurs fans -le rappeur Nas, notamment-, etc. Autant de séries et de vidéos originales créées par des éditeurs externes, mais financées et monétisées par Facebook. Conde Nast (GQ, arstechnica, Vogue, Wired, Vanity Fair), National Geographic, Tastemade, la ligue NBA, font ainsi partie de cette première salve de créateurs de contenus partenaires. Le format de prédilection initial sera plutôt court, mais ce n’est pas une règle absolue.

La fonctionnalité Watch sera personnalisée, suggérant de nouveaux programmes (enregistrés ou live) en fonction de ce que vos amis regardent. Les catégories comprendront "Les plus discutées", "Ce qui fait rire les gens" et "Ce que les amis regardent". Facebook n’oublie donc pas sa nature de connecteur social.

L’enjeu : le temps de cerveau disponible

Mark Zuckerberg l’a dit lui-même : "nous entrons dans l’âge d’or de la vidéo en direct". Pour Facebook, la vidéo est surtout la garantie d’un phénomène économique important : elle accroît considérablement le temps passé par ses membres sur sa plate-forme. Donc ses revenus publicitaires. Les derniers résultats financiers annoncés par Facebook, absolument remarquables, s’accompagnaient d’une mise en garde : dans sa forme actuelle, le réseau frise la saturation publicitaire. D’où la nécessité de développer de nouveaux leviers économiques. La vidéo, dans un format plus long (où la pub est plus tolérée) que ce qui est actuellement proposé sur le site, en est clairement un. Les créateurs de contenus Watch auront, in fine, la main sur la publicité : ils pourront choisir d’en placer dans leurs vidéos, ou non. Clé de répartition des revenus engendrés par les vues publicitaires : 55% pour le créateur, 45% pour Facebook. La YouTubisation de Facebook est en marche.