New-Tech La Financial Action Task Force traque l'argent sale qui circule dans les casinos virtuels

LONDRES `Rien ne va plus´. La célèbre phrase du croupier de la roulette résonne aujourd'hui également sur Internet. En effet, de nombreuses salles de jeu ont vu le jour sur la Toile, brassant d'importantes sommes d'argent. Des flux financiers qui inquiètent les spécialistes de la traque au blanchiment d'argent. Et ce davantage encore lorsque ces casinos virtuels sont héberges dans des paradis fiscaux comme les Caraïbes.

Comme toutes les pratiques de blanchiment d'argent, celle-ci obéit à un principe très simple: le candidat au blanchiment d'argent ouvre un compte sur un site Internet de jeu et y verse un montant généreux d'argent sale. Le casino ne pose généralement aucune question sur l'origine de l'argent déposé sur son compte, et certains acceptent même l'argent liquide. `Plus tard, vous annoncez que vous avez décidé de vous amender et de ne plus jouer, et vous leur demandez de vous rembourser votre argent par chèque´, explique un responsable gouvernemental britannique. Les sites de casinos se sont multipliés récemment au Costa Rica, et plusieurs îles des Caraïbes figurent encore sur la liste des pays qualifiés de non-coopératifs par le groupe international de lutte contre le blanchiment d'argent (FATF). Pour confondre les propriétaires de ce tapis vert virtuel, l'arme principale des enquêteurs est la patience, indispensable pour éplucher des montagnes de relevés bancaires et attendre le résultat, hypothétique ou tardif, des commissions rogatoires internationales. En effet, les autres outils requièrent des compétences très pointues comme le spoofing ou sniffing (renifler, tromper). Soit des logiciels permettant à un enquêteur d'usurper l'identité d'un ordinateur pour infiltrer un réseau ou de mettre sur écoute un PC suspect. Parmi les autres techniques à disposition: la stéganographie, technique de cryptage capable de cacher un message dans des éléments sonores ou les pixels d'une image.