New-Tech Imminent dans nos bacs, la résurrection du téléphone mythique et increvable de la fin des nineties est sur toutes les langues. Preview.

C’est presque un putsch. Alors que le marché et les utilisateurs font face à l’étranglement de la surpuissance des différents smartphones, alors que la course à l’innovation fait rage et sanctionne tout qui se montrerait trop patachon à cet égard (sauf Apple, un cas tout à fait à part), voici que le… Nokia 3310 pourrait être la sensation mobile de cet été 2017. Back to basics ! N’en déplaise aux Huawei P10, LG G6 et Samsung Galxy S8, et leurs processeurs octocore.

La hype du rétro

La vague rétro, entamée par le retour du vinyle (qui n’est plus un épiphénomène), et qui emporte avec elle le come-back de la K7 audio, de la NES Classic Mini ou encore du Tamagotchi, pourrait-elle s’insérer jusqu’au cœur d’un objet devenu aussi essentiel à notre quotidien que le smartphone ? On le saura bien assez tôt : le Nokia 3310 version 2017, resucée du modèle mythique de la fin et du début de siècle, arrive en Europe ces jours-ci. Et, vraisemblablement, dans la foulée en Belgique. Commercialisé par HMD Global, entité fondée par d’anciens cadres du leader déchu Nokia, il sera proposé à 49 €. Nous l’avons manipulé, dans la foulée du Mobile World Congress dont il fut la sensation.

Côté design, il a ses fans et ses détracteurs. Notre avis ? Voilà une modernisation fidèle à l’esprit originel du 3310. Tout en rondeur, avec un placement des boutons qui rappelle le modèle de base. Les nouvelles couleurs (rouge, jaune, bleu, gris), ainsi que l’aspect bombé du mobile, lui confèrent définitivement une bonne bouille sur un marché de plus en plus austère, faisant la part belle aux métaux précieux, mais froids.

On le note dès la première prise en main : le nouveau 3310 est beaucoup plus fin (13 mm d’épaisseur) et beaucoup plus léger que son prédécesseur. C’est bien sûr appréciable, mais cela remet en doute l’une des grandes qualités qui ont fait du 3310 l’un des téléphones les plus vendus du monde : sa solidité. Nous ne parierions pas une partie de Snake sur l’increvabilité de cette nouvelle mouture…

La nostalgie ayant ses limites, le nouvel écran, élargi à 2,4 pouces, passe à la couleur, mais pas au tactile. Curieuse aventure que de réutiliser un mobile muni d’une si petite "fenêtre" ! L’inconfort, en surf sur le Web (limité à la… 2G !), comme en photo, est grand. Mais pour les usages essentiels (texting, appels, etc.), on avait oublié à quel point c’était suffisant. L’appareil photo au dos du téléphone, petit bloc modeste de 2 Mégapixels muni d’un flash qui l’est tout autant, ne fait pas le moindre miracle (délai de déclenchement, bruit,…) , mais a le mérite d’exister.

Pour le stockage, la mémoire interne du 3310 est ridicule : 16 misérables MO. Un lecteur de carte MicroSD est bien heureusement de la revue pour corriger cela. Oubliez toutefois les repères que vous avez : sur un 3310, il n’y a pas d’app à télécharger, tandis que clichés et vidéos sont tellement basiques qu’on imagine mal les clients entretenir une photothèque démente… En revanche, livré avec des écouteurs, le 3310 permet bien de lire des MP3 et est capable d’accéder à la FM.

Animé par l’OS-dinosaure Series 30 de Nokia, le 3310 n’offre pas un confort de navigation optimal. D’autant plus que c’est aux touches qu’il se pilote ! Impressionnant d’ailleurs de voir à quel point, malgré les années, la gymnastique de l’utilisation d’un clavier sur mobile est restée ancrée en nous. C’est comme le vélo…

Pareil pour le jeu du serpent (Snake), dont la version modernisée par Gameloft l’est sans doute un peu trop à notre goût.

Notons enfin une autonomie promise remarquable (31 jours en veille !), due à la limitation des apps et de la connectivité de l’engin, que tous les smartphones lui envient…

Première conclusion

Téléphone détox par excellence, à la bouille sympa, le Nokia 3310 a un atout majeur dans sa besace : son passé. N’importe quelle start-up pondant un téléphone aux caractéristiques similaires n’aurait aucune chance. HMD Global, lui, en a une belle. Même si utiliser un 3310 se révèle sympa… quelques instants (voire jours) durant, on voit toutefois mal comment durablement se passer de ce qui a réellement fait du smartphone une extension de nous-même : son intelligence, et sa connectivité.