New-Tech Le plus beau smartphone de l’histoire en est-il aussi le meilleur ?

Comme un besoin de mettre tout le monde d’accord. Après la débâcle du Galaxy Note 7, qui a explosé à la tête du leader mondial, Samsung joue très gros avec son Galaxy S8. Et se doit, c’est en tout cas l’attente de la communauté Android, de redonner le la dans le segment du haut de gamme smartphonien. Le Galaxy S, après tout, ce n’est pas que le rival n°1 de l’iPhone et une grosse locomotive de ventes : c’est la vitrine technologique annuelle du n°1 du marché. Du coup, 2017, bon cru ou pas ? Voyons voir.

Un écran qui change tout

Dans le paquet d’atouts du Galaxy S8, la carte Joker, c’est clairement son écran. Baptisé Infinite Display, il a la particularité de s’étirer sur toute la face avant du téléphone (83 % de la surface utilisée). Du jamais vu, ce qui bouleverse forcément les codes du genre : les 5,8 pouces de la dalle Super Amoled (2960 x 1440 pixels) s’étendent sur un ratio inédit de 18,5 : 9, délaissant l’ancestral 16 : 9 !

Trêve toutefois de jargon technique : l’écran de ce S8 est tout bonnement épatant. Parce qu’il recrache la maestria que Samsung a atteint en matière d’écrans AMOLED (couleurs, luminosité,…) tout en établissant une probable nouvelle donne, très agréable à l’usage au quotidien. Vous aviez des doutes sur le fait d’utiliser un écran aussi long ? Vous craignez la disparition du bouton physique central ? C’est garanti : il ne vous faudra pas plus d’un quart d’heure pour dompter la nouvelle gymnastique que réclame ce S8. Et après coup, vous vous demanderez pourquoi personne ne l’avait fait avant…

Si l’écran est la pièce maîtresse de ce S8, il n’est pas le seul élément à sublimer son design. Le changement de paradigme est sans doute acté par la sortie de ce modèle : la maîtrise d’assemblage, l’orfèvrerie de la finition et la fluidité du dessin placent définitivement Samsung devant Apple, en purs termes d’ingénierie et d’esthétique. Ce S8 est le plus beau mobile créé, même si l’assertion est forcément subjective.

On note toutefois deux bémols majeurs : le revêtement arrière en verre, s’il est très joli, a toujours une terrible propension à capter les traces de doigt et à légèrement glisser de la paume. Et comme ce smartphone n’est pas épargné par une polémique sur sa prétendue fragilité, l’usage d’une coque est plus que recommandé… Polémique, d’ailleurs, que nous n’appuyons pas : S8 et S8 + sont passés dans notre labo 10 jours durant. En usage normal à intensif, incluant des chutes et chocs mineurs, aucune griffe, coup ou casse d’écran n’a été à déplorer dans notre chef. Nous avons plus à reprocher, sur le plan de la solidité et de la résistance dans le temps, au - par ailleurs excellent aussi - Huawei P10...

L’autre gros bémol, c’est le capteur d’empreintes digital. Ou plutôt son positionnement totalement idiot : à l’arrière, juste à côté du capteur photo. Entendons-nous bien : il fonctionne très bien, et est parfaitement réactif. Encore faut-il mettre le doigt dessus ! Il est très difficile à repérer à l’aveugle… Un positionnement central, en dessous du logo du mobile, toujours à l’arrière, aurait été bien plus judicieux…

Samsung rétorquera qu’il propose différentes manières de déverrouiller son précieux, notamment au moyen d’un scanner d’iris. Oubliez : la reconnaissance réussit bien trop aléatoirement. Résultat : avec un scanner d’iris incertain et un lecteur d’empreintes digitales mal placé, nous nous voyons contraints de déverrouiller l’un des smartphones les plus chers de l’histoire avec un code ou un schéma… Bof.

Heureusement, le S8 se rattrape sur bien d’autres points. Notamment celui de l’autonomie. Pourtant, avec une capacité de la batterie similaire au S7 mais un écran bien plus grand, on pouvait craindre le pire… Eh bien non : le S8 franchit la journée, en usage intensif, sans sourciller. Même topo pour le bloc photo (stabilisation optique, capteur Sony de 12 Mpx à l’arrière - 8 à l’avant -, autofocus laser, technologie Dual Pixel AF et flash au xénon) qui varie peu par rapport à son devancier. Pas bien grave : il était déjà tout bonnement excellent !

Verdict

Samsung tient assurément là une formidable pièce de design et de technologie. Peut-être le Galaxy S le plus décisif, malgré des choix peu judicieux, comme le positionnement totalement abscons du capteur d’empreintes ou le caractère, pour l’heure, totalement inutile de l’assistant vocal maison, intitulé Bixby. À recommander néanmoins malgré ces ombres au tableau… si le budget vous le permet.

Samsung Galaxy S8 : 799 €