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Focus sur une enquête de la Ligue des Familles et du mouvement social des aînés Eneo sur les connaissances numériques de la population.

Une personne sur cinq reconnaît être désorientée et stressée par la société qui se numérise rapidement, tandis que plus de la moitié des Belges aspirent à régler encore plus de choses en ligne.

À l'occasion de la journée mondiale de l'Alphabétisation, ces associations et leurs homologues flamandes ont urgemment prié mercredi les autorités de renforcer les actions de sensibilisation et d'information afin de s'attaquer au risque croissant d'illettrisme numérique. Pour près d'un Belge sur cinq, la numérisation croissante est ainsi source de stress.

Pas moins de 22% des répondants déclarent en effet se sentir perdus et désemparés parce que de trop nombreuses choses passent aujourd'hui par internet. Mais parallèlement, un tiers des Belges, principalement les jeunes, reconnaissent être préoccupés par le temps passé devant leurs écrans, essentiellement à cause des réseaux sociaux, révèle cette enquête.

Une majorité de répondants (53%) déclare par ailleurs ne jamais introduire de demandes administratives en ligne, par exemple pour des subventions, primes ou subsides, et au moins 40% des répondants se plaignent de difficultés à contacter les administrations publiques par téléphone ou à un guichet.

Le mode numérique s'est certes surtout démocratisé en matière de relations avec les institutions financières, avec 9 Belges sur 10 qui règlent très souvent ou systématiquement leurs factures en ligne. Mais un tiers demeure malgré tout attaché aux extraits bancaires et documents d'assurance sur papier pour des questions de sécurité.

Au travail, le numérique est pratiquement devenu indispensable pour la plupart des Belges: 46% des répondants déclarent rester devant leur ordinateur presque toute la journée. Près d'un sur trois avoue cependant que les évolutions numériques en la matière sont trop rapides. Pire: plus d'un sur dix craint même pour l'avenir de son emploi parce qu'il n'est pas capable de suivre les évolutions. Près de la moitié demandent d'ailleurs davantage de formations au travail.

La Ligue des Familles et son pendant flamand ainsi que le mouvement social des aînés Eneo et son homologue néerlandophone OKRA appellent dès lors à renforcer les actions de sensibilisation et d'information en la matière.

"Tant que tout le monde n'a pas pris le train de la révolution digitale, il est important de prévoir suffisamment d'alternatives", soulignent en outre les différentes organisations. "Les personnes qui n'ont pas d'ordinateur doivent en effet pouvoir continuer à entretenir des contacts directs par téléphone, par guichet ou par le biais de documents sur papier. Enfin, l'enquête a révélé que tous les répondants, y compris ceux qui n'éprouvent aucun problème, reconnaissent qu'une connexion internet meilleur marché pourrait les inciter à davantage utiliser les ressources numériques."