New-Tech Le statut VIH des utilisateurs fait aussi partie des données qui sont accessibles.

Il n'y a pas que Facebook qui est dans l’œil du cyclone. C'est maintenant au tour de Grindr.

En effet, l'application a été accusée de dévoiler certaines données sensibles de leurs utilisateurs. Outre l'adresse email ou le numéro de téléphone, d'autres informations ont fuité. Il est possible de connaitre le dernier dépistage VIH des usagers, ainsi que leurs positions sexuelles préférées.

Scott Chen, l'un des responsables de Grindr, a expliqué qu'en tant " qu'entreprise au service de la communauté LGBTQ (lesbiennes, gay, bi, trans et 'queer', ndlr), nous comprenons à quel point la révélation d'un statut HIV peut être un sujet sensible". Avant d'ajouter que "notre but a toujours été de promouvoir la santé et la sécurité de nos utilisateurs", explique l'AFP.

Les entreprises telles que Apptimize et Localytics, qui sont chargées de tester les performances de l'application, ont reçu des données provenant de Grindr.

Toujours selon Scott Chen, les utilisateurs sont "soumis à des clauses contractuelles strictes" de confidentialité. Les usagers de Grindr ont l'opportunité de signaler ou non sur leur profil leur statut VIH. Ils doivent donc être prudents.

Grindr reconnaît que " parfois, ces données peuvent inclure des infos relatives à la localisation et au statut VIH car ce sont des informations qui sont dans (l'application)".

Ces données partagées rendent les personnes identifiables, rapporte un chercheur du cabinet norvégien SINTEF.

"Grindr n'a jamais vendu et ne vendra jamais d'informations personnelles identifiables - en particulier les données relatives au statut VIH ou à la dernière date de test - à des tierces parties ou à des annonceurs", s'est défendu Scott Chen.

L'association de défense des droits numériques Electric Frontier Foundation a estimé "décevante" la réponse de Grindr : "Vous avez trahi la communauté LGBT".

Grindr se qualifie de "plus grand réseau mondial de rencontres pour hommes gays". L'application fondée en 2009 a été l'une des premières à utiliser la technologie de la géolocalisation sur smartphone. Le groupe américain revendique 3,6 millions d'usagers actifs quotidiens.

L'association Aides appelle à boycotter Grindr

L'association française de lutte contre le sida Aides appelle à boycotter l'application de rencontres homosexuelles Grindr, qui a laissé des entreprises tierces accéder à des données privées de ses utilisateurs, dont leur statut VIH.

"Aides appelle au boycott total de Grindr, et invite les utilisateurs actuels à changer d'application", écrit l'association dans un communiqué publié mardi.

En tête de son communiqué, Aides utilise le mot-clé #DeleteGrindr ("Supprimez Grindr"), qui se répand sur Twitter depuis les premières critiques qui visent l'application.

"Les entreprises qui font leur beurre sur la sexualité de leurs clients se doivent a minima d'être exemplaires. Exemplaires sur la protection des données de leurs clients ET sur les enjeux évidents de prévention et de santé publique", accuse Aides.

"Allez savoir pourquoi, nous ne sommes même pas surpris. Cela fait des années que nous essayons en vain d'obtenir de Grindr l'autorisation de mener des actions de prévention sur leur application", poursuit Aides.

"Nous dénonçons depuis plusieurs années les dangers de la privatisation de la prévention: l'exemple de Grindr nous montre que le modèle intégré de l'entreprise responsable est un leurre", conclut l'association française.

Cette polémique intervient alors que Facebook est cloué au pilori depuis plus de deux semaines, accusé de n'avoir pas protégé les données de plus de 50 millions d'utilisateurs. Ces données ont fini, via une application tierce, entre les mains d'une société de conseil, Cambridge Analytica, qui les aurait utilisées à des fins politiques.