New-Tech L'OTAN s'inquiète de la lutte pour le partage du nombre limité des fréquences radioélectriques


BRUXELLES La multiplication des licences UMTS pourrait remettre en question la sécurité des communications militaires? C'est en tous cas la crainte exprimée par l'OTAN.
Les militaires font face à une concurrence croissante du secteur commercial pour l’attribution de fréquences, suite à la libéralisation du marché des télécommunications, s’inquiète l’organisation dans un document diffusé sur son site web.
La menace est vraiment sérieuse en raison de la rareté des fréquences radioélectriques, souligne un expert militaire de l’OTAN sous couvert de l’anonymat.
Selon lui, les fréquences basses, utiles pour les sous-marins en plongée, et les fréquences très hautes, utiles pour les satellites, intéressent peu.
Tout le monde, militaires et secteur commercial, recherche les mêmes fréquences, souligne-t-il.
Au moment de l’explosion des téléphones mobiles de deuxième génération GSM, les opérateurs privés ont déjà obtenu des militaires qu’ils cédent une partie des fréquences qu’ils utilisaient.
Les militaires ont été poussés vers le haut du spectre. Pour utiliser ces fréquences plus hautes, ils ont été obligés de changer d’équipements, ce qui coûte cher, selon cet expert.
En Europe, la norme UMTS utilisée pour cette nouvelle génération de téléphone mobile, qui doit permettre l’essor du commerce électronique et des services multimédia sur le téléphone portable, va prendre la succession de l’actuelle norme GSM.
La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et plusieurs autres pays européens ont déjà attribué ou mis aux enchères ces licences UMTS et les opérateurs se les sont arrachées à des prix souvent exorbitants. Les Etats-Unis doivent leur emboîter le pas. Or les fréquences utilisées par la technologie UMTS se situent juste au-dessus de celles utilisées par la norme GSM dans le spectre de fréquences, ce qui va pousser les militaires encore plus haut.
Les autorités des pays alliés doivent prendre conscience qu’il faut garder suffisamment de fréquences radio pour les militaires, estime l’expert de l’OTAN. Une fois que des fréquences ont été accordées, on ne peut pas revenir sur ces décisions, remarque-t-il.
Les fréquences sont gérées au niveau national.
L’Alliance craint que l’utilisation des systèmes de radiocommunication, des radars, des dispositifs de commande des armes et des aides à la radionavigation, soit rendue plus difficile lors d’exercices militaires ou d’opérations de paix. Lors d’opérations multinationales comme au Kosovo, l’OTAN est obligée d’organiser un plan de fréquences pour permettre les communications entre avions alliés et la concurrence accrue compliquera la tâche des militaires.
dans les cinq à six ans à venir, on risque d’assister à une nouvelle bagarre pour les fréquences radio et la pression du secteur commercial sur les militaires va encore s’accroître.