New-Tech La marque, très appliquée, investit la catégorie des barres de son à moins de 500 €. Côté smart, il y a tout ce qui faut. Côté audio, on reste sur notre faim…

Le lancement d’un produit Sonos doit s’apprécier à sa juste valeur. C’est que la philosophie de l’entreprise de Santa Barbara détone, dans un secteur où obsolescence programmée et cycles marketing de renouvellement se voient de plus en plus. On ne mange pas trop de ce pain-là, chez Sonos : en 16 ans d’existence, moins de 10 produits ont été lancés, et 93 % sont toujours actifs ! Les enceintes Play : 3, Play : 5, Play : 1, One; le caisson de basses Sonos Sub; la barre de son Playbar et enfin le plateau sonore (pour y déposer une télé sur pied) Playbase. On tourne à une moyenne de moins d’un produit lancé tous les deux ans.

Pourtant, cela n’a pas empêché la firme de se distinguer par son sérieux, la sobriété pleine de bon goût de son design, le caractère innovant qu’elle proposa jadis (aujourd’hui, tout le monde fait du multiroom avec des enceintes Wi-Fi, mais Sonos fut le premier à le faire aussi bien) et l’approche relativement audiophile qu’elle a développé.

Nouveau produit équivaut donc, souvent, à mini événement dans la planète High-Tech.

Ce n’est toutefois pas une nouvelle catégorie que Sonos a inauguré, en présentant, fin de semaine, à San Francisco, la Beam. Il s’agit d’une barre de son, plutôt compacte (65 cm de large sur 10 cm de hauteur, pour une profondeur de moins de 7 cm) et légère (2,8 kg), adoptant les courbes rondes et épurées du design Sonos. Déclinée en noir ou blanc, elle pourrait sembler redondante avec la Playbar. Erreur : la Playbar (699 €), c’est la grande sœur, destinée à sonoriser une pièce plus grande, et à développer une amplitude sonore plus vaste. La Beam (449 €) s’adresse aux pièces plus petites, et promet une intégration plus aisée (en pose libre sur le meuble TV, ou en montage mural - support non-fourni, c’est assez mesquin).

À la voix et à l’œil

Techniquement, quatre woofers et un tweeter équipent la Beam. On hésite à qualifier les 449 € qu’elle réclame, et qui la placent face, notamment, à l’excellente Dimension signée Focal (mais aussi face à une foule de kits conçus par les marques généralistes, et qui ont l’avantage d’inclure un caisson de graves externe, contrairement à la Beam), de bonne affaire. Ce qui est sûr, c’est que Sonos corrige les carences de la Playbar : ici, en plus de l’entrée optique, une entrée HDMI ARC (et CEC) est intégrée. Pour rappel, cette technologie permet, entre autres, de contrôler le volume de la Beam depuis la télécommande de votre téléviseur.

Puis, surtout, l’argument de différenciation de la Beam, c’est qu’elle permet de contrôler votre télé à la voix, notamment par le biais de l’assistant vocal d’Amazon, Alexa (disponible depuis peu en français). Il est donc possible d’allumer sa télé, d’augmenter le son, par le seul timbre de notre voix. À terme, Siri (Apple) et Google Assistant seront également intégrés à la Beam, qui déchiffrera, très vite, la norme Airplay 2 qu’Apple est en train de finaliser. Un trilinguisme particulièrement appréciable…

Bien entendu, la Beam est comme chaque produit Sonos : compatible avec ses grands frères. Vous avez une paire de Play : 1 ? Vous pouvez en faire des surrounds pour une spatialisation sonore accrue. Vous avez un Sonos Sub ? Super, vous délesterez la Beam de la délicate mission de reproduire des basses profondes et justes, ce qui, au vu de son format, est une mission pratiquement impossible.

En revanche, pour un produit qui sort en 2018, ne proposer comme codec audio que le Dolby Digital 5.1, désolé, mais on trouve ça trop court. Pas même de DTS, encore moins de DTS HD ou de Dolby Atmos… Oubliez donc de profiter des meilleurs encodages sonores sur les Blu-Ray récents !

Ok, ce projecteur sonore est plus smart et connecté qu’audiophile. Mais son premier propos, c’est de délivrer un son qui transcende les capacités audio de votre téléviseur…