New-Tech Les appareils photos hybrides plein format arrivent dans toutes les marques. Les appareils reflex ont du souci à se faire. Démonstration avec le Nikon Z7.

Nous assistons sans doute à un tournant dans le monde de la photo. Les deux plus gros fabricants de boîtiers photo ont passé le pas. Ils proposent aujourd’hui des appareils hybrides plein format dans leurs produits haut de gamme. Chez Canon, il s’agit de la série EOS R et chez Nikon de la série Z avec deux appareils le Z6 et le Z7. C’est vrai qu’ils étaient poussés dans le dos par le succès du boîtier de la série "alpha" de Sony. Maintenant, avec de tels produits, la vente des boîtiers à système reflex va assurément souffrir.

Pendant quelques jours, nous avons pu tester le Nikon Z7.

Première impression : l’appareil est de petites dimensions. C’est le principal avantage des boîtiers hybrides. Comme le viseur est électronique et non plus optique, la taille de l’appareil est réduite de façon conséquente. Ils sont donc plus discrets, moins lourds et prennent moins de place. Malgré cela, la tenue du boîtier ne diffère pas de celle d’un boîtier reflex grâce à la poignée, un peu protubérante, qui assure une bonne prise en main.

Deuxième impression : pourquoi tant de boutons au dos de l’appareil, même si cela ne perturbe finalement pas la prise en main ? Il y a en autant que sur un boîtier traditionnel. Surtout que certains doublonnent. Pourquoi un déclencheur dédié au mode caméra et un autre pour la photo ? Ne pourrait-on utiliser le même ? Pourquoi un bouton "i", qui donne les informations sur la prise de vue et qui, également, permet de modifier les paramètre de prises de vues, alors qu’un bouton menu est aussi présent ? On peut regretter cette inflation de boutons, surtout que l’électronique les autorise multifonctions. Une diminution de ceux-ci rendrait l’arrière du boîtier plus sobre et peut-être moins intimidant pour les débutants. On peut aussi regretter que le menu principal n’ait pas évolué depuis des années vers une interface plus conviviale et plus moderne comme celle que nous connaissons dans nos smartphones.

Un viseur électronique

Maintenant si vous êtes un habitué de la firme, vous êtes en terrain connu. Les boutons tombent sous vos doigts comme pour un boîtier pro. La transition se passera en douceur avec le Z7. Il n’y a aucun souci à se faire.

Le principal changement, comme déjà évoqué, est le remplacement du viseur optique par un viseur électronique. Cela existait depuis de nombreuses années dans les appareils de gamme inférieure, mais pas dans celle des appareils experts et professionnels de Nikon. La seule différence est que vous regardez des images sur une mini-télévision et non plus directement dans l’objectif via un miroir.

Toutes les informations de prises de vues sont placées sur les côtés. Malheureusement pour les porteurs de lunettes, l’œilleton ne permet pas voir l’intégralité du viseur en un coup d’œil.

Le choix technique le plus singulier de Nikon est d’avoir installé à 16 mm de la monture le capteur d’image. Il est donc fort en avant. Il faudra veiller à ne pas laisser de traces de doigts sur le capteur.

Cette solution permet de faire entrer un maximum de lumière et donc de garantir la qualité des images. De nouvelles optiques ont été et seront construites pour répondre à la dimension de la nouvelle monture de 55 mm. Elles sont plus légères et plus compactes. Nous avons été séduits par le 35 mm f/1.8 dont la bague de netteté est très fluide pour effectuer des mises au point manuelles précises. Un 50 mm f/1.8 et un zoom 24-70 f/4 sont déjà disponibles. Un adaptateur FTZ est vendu pour utiliser les objectifs Nikkor à monture F. Ouf, il ne faudra pas se débarrasser de ses vieilles optiques.

Le Nikon Z7 intègre un capteur de 45,7 millions de pixels. Un fichier ouvert dans un logiciel a une taille de 130 Mo. Si les fichiers Jpeg font environ 11 Mo fermés, les fichiers RAW non compressés font quant à eux 80 Mo. Nikon abandonne les ports pour les cartes microSD et les Compact Flash. Il y a uniquement un port pour les cartes de format XQD, un format qui commence à se généraliser.

La sensibilité du capteur monte jusqu’à 25.600 iso. Les fichiers pris à une telle sensibilité restent exploitables si vous ne les agrandissez pas de trop. Le boîtier tourne évidemment des vidéos en format 4K. Il ne s’agit pas d’un appareil dédié uniquement à la photographie

La qualité des fichiers est au rendez-vous même en très basse luminosité. Le nombre de pixels du capteur (8.256 CX 5.054) assure une finesse dans les moindres détails des photos. Il ne faut pas l’oublier, nous avons à faire à un Nikon. On y retrouve tout le savoir-faire et l’expertise de la marque. Le boîtier coûte 3.849,39 euros TTC.