New-Tech Ça y est : Spotify, Apple Music, Deezer et consorts pèsent plus lourd, en Belgique, que les revenus liés à la vente de CD.

La part digitale du marché de la musique (téléchargements + streaming), qui dépasse son homologue physique (ventes de CD’s, de vinyles, de DVD musicaux et de concerts live) ? Check , depuis 2015 à l’échelle mondiale (année où l’industrie du disque repartait à la hausse, après 20 années de chute continue), et 2016 en Belgique.

En revanche, dans notre plat pays, l’an dernier, les revenus physiques de la musique pesaient toujours plus lourd que ceux générés par le seul streaming musical payant, secteur toujours en plein boom tiré par le triumvirat Spotify, Apple Music et Deezer - qui, réunis, concentrent plus de 80 millions de souscriptions payantes dans le monde.

Cette résistance, remarquable, vient toutefois de prendre fin : papy CD est pour la première (et pas la dernière) fois supplanté par le streaming musical en Belgique, comme le confirme le dernier bilan établi par BEA Music.

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Attention, le physique n’est ni mort ni même moribond : il génère toujours 21 millions d’euros en notre plat pays, sur les seuls six premiers mois de l’année. Mais Spotify et consorts, ensemble, ont créé de leur côté plus de 25 millions d’euros de revenus, sur le même premier semestre. C’est une (nouvelle) croissance de 40% .

En y ajoutant les téléchargements qui s’écroulent vertigineusement mais pèsent toujours près de 7 millions de chiffre d’affaires sur la même période, le marché digital se taille désormais plus de la moitié du gâteau de la vente de musique, à savoir 56% .

Un seul format, physique, continue à cartonner : le vinyle. 26,4% de croissance ! Il pèse désormais 3,63 millions, soit une part de marché de près de 6% de la vente de musique. Qu’on se le dise , une fois pour toutes : le retour du vinyle n’est pas une hype temporaire, mais une tendance de fond, et une composante considérable du marché musical.

Il ne faut pas regarder la concrétisation de ce phénomène de dématérialisation en criant à la fuite des capitaux, façon scrogneugneu : la percée du digital permet à l’ensemble du marché de la musique belge de grimper de près de 6% . Le scénario catastrophe (mort du secteur/disparition des artistes) craint en pleine période Napster ne s’est donc pas concrétisé, bien qu’il y aurait beaucoup à dire sur le partage des revenus générés par la musique, qu’on n’a définitivement jamais écoutée autant qu’aujourd’hui.