New-Tech Le géant nippon Sega a reconnu être en discussion avec ses concurrents Sony et Nintendo pour leur vendre ses meilleurs jeux

TOKYO Avoir reconnu ses tractations n'a fait qu'amplifier la rumeur selon laquelle Sega cesserait la production de sa dernière console, la Dreamcast. Dès le mois de mars selon certains journalistes. Une mort de console qui en attristera plus d'un. Cette console n'avait en effet rien à envier à la Playstation 2 du point de vue de ses performances et avait bien démarré en Europe et aux Etats-Unis. Malheureusement, la Dreamcast n'a pas résisté à l'assaut médiatique maîtrisé par Sony avec sa PS2 et Nintendo avec ses Pokemon.
Pour le moment, aucun détail officiel n’est disponible sur le nombre de titres que Sega pourrait céder à Sony ou Nintendo. Mais l’essentiel pour les spécialistes est ailleurs: les déclarations du groupe sont interprétées comme une sortie définitive de Sega du monde des consoles.
Le titre boursier est monté en flèche de 15,8% à 1.470 yens en une seule séance. «Le marché se réjouit du fait que Sega se restructure et sort des opérations où il perd de l’argent», a commenté Kazue Mayuzumi, gestionnaire de portefeuille chez Nikko Securities.
«Ils n’ont pas le choix, cela ne sert à rien de supporter des coûts d’une telle ampleur quand on a une console qui ne se vend plus, ni de sortir des titres exclusivement pour la Dreamcast», a indiqué Xavier Guilbert, responsable à Tokyo du marketing et de la recherche chez Ubi Soft, numéro deux français de l’édition de jeux.
Sega a accusé une perte de 32,5 milliards de yens (280 M USD) au premier semestre de l’exercice, après avoir dû baisser très fortement le prix de la Dreamcast aux Etats-Unis notamment, et prévoit d’être dans le rouge.
Selon M. Guilbert, il est logique que Sega se recentre sur les logiciels de jeux puisque le groupe a «l’un des meilleurs catalogues du moment» avec notamment Jetset radio (un jeu de roller en ligne) ou Chen Mue, et prévoit d’en sortir une centaine d’ici la fin 2001. Tandis que «Nintendo attend sa console pour lancer de nouveaux titres et que sur PS2 il n’y a pas grand chose».
Les investissements nécessaires pour concevoir un jeu sont souvent conséquents avec des «budgets faramineux» comme les 720 millions de yens investis dans Chen Mue ou plus encore pour Final Fantasy. «Mais c’est moins problématique que sortir les fonds pour une nouvelle console, équiper une usine, organiser la logistique», a-t-il noté.