New-Tech L’arrivée récente d’audiolivres en français sur le Goolge Play Store est l’occasion de s’y pencher… Le phénomène est en plein boom, des USA jusqu’à la Chine, en passant par l’Europe.

Qu’on lève d’entrée le lièvre : non, le livre audio, ou audiolivre, n’est pas neuf. La lecture vocale d’une histoire initialement couchée sur papier existe depuis l’avènement du Compact Disc, voire même de la K7 audio (elle aussi en plein retour, mais c’est un autre propos). Pour tous publics, de l’enfant à l’adulte. Ce qui est neuf, du coup ? L’avènement de ce format, facilité par les nouveaux moyens de communication numériques. Nos smartphones intègrent tous un magasin géant de livres (que ce soit sur l’App Store/iTunes ou le Google Play Store d’Android).

Cette semaine, Google a justement annoncé le lancement immédiat de ses audiolivres dans 45 pays supplémentaires, dont la Belgique. Et en français, s’il vous plaît ! Vous avez donc tout loisir d’écouter les premiers tomes de Game Of Thrones ou Harry Potter (8 h 03 de lecture !), par exemple… Autre phénomène qui facilite l’essor d’audiolivres : les diffuseurs sonores n’ont jamais été aussi facilement capables de lire nos livres. Il y a, primo, le fait que les assistants vocaux (Google Home, Amazon Echo, etc.) poussent comme des champignons dans nos foyers. Il y a, aussi, la grande facilité avec laquelle nos autoradios se connectent aujourd’hui à nos smartphones, pour en tirer la substantifique moelle audio (notamment). Puis, le boom des enceintes nomades et connectées (en Bluetooth comme en Wi-Fi) n’est plus à démontrer… Pas plus que le rythme effréné de nos quotidiens et nos horaires à rallonge, qui ne facilitent pas les opportunités de prendre le temps de lire un bouquin, même lorsqu’on adore ça. Or, un audiolivre peut s’écouter alors qu’on s’adonne à une autre activité (conduire, faire du sport, etc.).

Un boom de 33 % en 2017

Résultat : selon une étude de l’Audio Publishers Association, la vente de livres audio a connu une croissance de 33 % en 2017. Aux États-Unis, les chiffres de l’Association of American Publishers (AAP) laissent peu de place au doute. Alors que l’ebook continue de péricliter (-5,3 %), les livres audio signent la plus belle embellie enregistrée par le secteur, avec une hausse des ventes de + 30,2 %. L’activité Print (livres papier), au Pays de l’Oncle Sam, est relativement stable avec une légère baisse des ventes de livres de poche (-0.2 %).

Même topo en Chine, où la foire du Livre de Pékin s’est clôturée il y a peu. On y a énormément parlé d’audiolivres : Ximalaya FM, plateforme proposant des livres audio en Chine, a annoncé détenir 450 millions de comptes actifs. Avec un temps d’écoute énorme, de 128 minutes par abonné et par jour ! En 2017, les ventes globales de livres audio en Chine ont atteint les 80.300 millions de Yuans. Cela représente une hausse de 14,5 % par rapport à l’année précédente. Les ventes de livres audio sur les plateformes en ligne ont augmenté de 25,82 % en un an dans le pays. Carton parmi le carton : ce sont les livres audio pour enfants qui se vendent le mieux avec une hausse globale de 24,64 % en 2017 vs 2016.

Quid chez nous ? Le train est passé moins vite, mais on commence tout doucement à apercevoir son nez au bord du quai. 2 Français sur 10 ont déjà eu l’occasion d’entendre un audiolivre. Un chiffre qui devrait probablement augmenter. En Belgique ? Aucune statistique officielle n’existe.

Une offre de streaming qui se développe

Il faut dire que les audiolivres, même à acheter en formats numériques (autrement dit : l’accès à un fichier) restent relativement chers : entre 20 et 30 euros en moyenne. Ce prix se justifie, notamment, par les procédés employés : c’est généralement un ou une comédienne pro qui se charge de la lecture du bouquin. Le tout souvent en musique, histoire de renforcer l’immersion. Un travail qui exige, forcément, rétribution…

En parallèle du modèle classique d’achat, se développe également une offre de streaming de livres audio. Qu’Audible, créée en 2008 et propriété d’Amazon (dont le métier initial était de vendre des livres), domine. Son modèle ? Un peu à la Spotify, si ce n’est qu’il n’est pas question ici d’illimité : contre un abonnement de 9,99 € par mois, vous avez la liberté de télécharger un audiolivre par mois, dans un catalogue de 250.000 références (dont un peu moins de 7.000 en français). En illimité, Storytel s’est lancé plus récemment dans les pays du Nord de l’Europe. Mais il existe une alternative gratuite : LibriVox ! Qui permet, gratuitement donc, d’accéder à plus de 20.000 titres (et nettement moins en français) qui sont tombés dans le domaine public, lus par des bénévoles. Un bon moyen de tester, sans débourser un cent, le principe de l’audiobook, et de savoir si vous accrochez.

Bonne lecture… ou écoute, on ne sait plus trop !