New-Tech La date du jugement a enfin été fixée: la cour d'appel de San Francisco examinera si le logiciel Napster bafoue effectivement le droit d'auteur

SAN FRANCISCO
C'est donc le 2 octobre prochain que la direction du service de musique en ligne devra répondre d'infraction au droit d'auteur sur Internet.

Napster est un logiciel qui permet aux internautes connectés sur le réseau d'échanger gratuitement les fichiers musicaux stockés au format MP3. "Vous n'avez le droit de télécharger ce fichier que si vous possédez le disque original", avertissent les sites proposant les fichiers MP3. Mais cette petite annonce ne suffit pas à dissuader les pirates. Et c'est ce que l'Association américaine de l'industrie phonographique(RIAA) reproche à Napster qu'elle n'hésite pas à qualifier de raccourci au piratage de disques compacts.

La direction du service de musique en ligne argue à cela que le logiciel a été créé dans un but d'utilisation privée et qu'elle n'est pas responsable des débordements générés par les internautes. L'association de l'industrie informatique et des communications(CCIA) qui représente, entre autres, les groupes AT&T, Oracle et Yahoo soutient Napster dans son combat. Elle estime, quant à elle, qu'il faudrait assouplir la question de la propriété intellectuelle et a d'ailleurs déposé une lettre en ce sens devant la cour.

Napster est opposé aux principaux labels musicaux tels que Universal Music, BMG, Sony Music, EMI et Warner Music Group. Lassées par cette concurrence effrénée, ces maisons de disques ont décidé de s'associer aux éditeurs de logiciels au sein d'un organisme, le SDMI. Celui-ci voudrait introduire dans tout fichier musical une série d'indications concernant l'auteur, le copyright et les modalités d'utilisation, dans un but évident de dissuasion. De plus, ces fichiers seraient limités à un nombre restreints d'écoute ou carrément interdits de reproduction.

En attendant ces innovations, les maisons de disques n'ont pas l'intention de plier le 2 octobre prochain. Mais ce procès pourrait bien vite dépasser le simple cas de Napster et remettre en question tous les réseaux d'échange d'informations via Internet. Appréhendée par le directeur de Napster, une telle décision menacerait alors, selon lui, l'évolution même de la technologie.