New-Tech BMG (Bertelsman), l'un des actionnaires, annonce la mise en place d'abonnements payants

DAVOS C'est depuis le sommet de Davos que l'information est tombée: Napster mettra en place des abonnements payants "à partir de juin-juillet" de cette année, a indiqué lundi à Davos Thomas Middelhoff, président-directeur général du groupe allemand Bertelsmann, allié à Napster.
"Nous avons une idée de la fourchette de prix, mais il est trop tôt pour la rendre publique", a néanmoins déclaré M. Middelhoff à quelques journalistes, à l'issue d'un débat au Forum économique mondial de Davos, en Suisse.
La fin annoncée du célèbre logiciel d'échanges gratuit de fichiers musicaux via la Net a donc désormais une date.
Le PDG de Bertelsmann n'a pas caché sa confiance dans le fait que nombreux seront les utilisateurs actuels de Napster à se convertir à la formule de l'abonnement, "parce que le service Napster que nous offrons est d'une très grande qualité". "Nous avons fondé notre décision de mettre en place des abonnements payants sur une vaste recherche de marketing", auprès de 20.000 personnes, a-t-il également indiqué.
Le nouveau service ne craint pas la piraterie, car la plupart des personnes piratant le service Napster disposent de capacités de copie et de diffusion limitées, a-t-il aussi relevé.

Changement de mentalité


Davantage qu’un ennemi, Internet est désormais considéré par les maisons de disques comme un relais promotionnel supplémentaire pour la diffusion musicale.
Symbole de ce retournement de stratégie, considéré jusqu'il y a peu comme le fossoyeur de l'industrie musicale, Napster a notamment racheté par BMG.
De nouvelles relations entre l’ancienne et la nouvelle économie sont en train de s’établir.
Autre exemple, DaftClub, la démarche du duo techno français Daft Punk, un des ambassadeurs de la French Touch.
Pour la sortie de leur deuxième album ( «Discovery»), le 12 mars prochain, les Parisiens Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem Christo ont en effet mis au point un album multimédia qui combine le cd et les nouveaux supports numériques. Grâce à un accord avec Intertrust, société américaine de protection et de gestion des droits d’auteur, chaque acheteur de l’enregistrement se verra remettre une carte (au format d’une carte de crédit) accompagnée d’un numéro d’identification individuel. Cette carte permettra au fan de télécharger à sa convenance des morceaux supplémentaires, qui ne figurent pas sur le disque classique. C’est dans cette possibilité d’offrir au fan des services et options supplémentaires (enregistrements inédits, titres «live» etc...) que réside la force de l’Internet, juge également l’ex-chanteur de Genesis Peter Gabriel, «patron» de OD2, une société qui propose des solutions sécurisées pour la diffusion des oeuvres sur le Web.
Car, plus que jamais, la principale préoccupation de l’industrie du disque est la piraterie. A la piraterie «à l’ancienne» (copie illicite d’enregistrements existants), s’est ajoutée celle offerte par la «toile», qui, dans l’état actuel des choses, permet à l’auditeur d’avoir accés à la musique et de la dupliquer gratuitement et sans limite. Les éditeurs phonographiques considèrent qu’il s’écoule ainsi dans le monde un album pirate pour chaque disque licite.