New-Tech Les publicitaires vivent parfois en dehors des réalités, pensant que tout le monde est comme eux...

Pour ceux qui baignent dans la communication, la publicité et le monde digital, il est parfois difficile de faire la distinction entre son mode de vie et celui du grand public. L’enquête réalisée à la demande de BD myShopi par Profacts confirme ce nombrilisme des publicitaires.

Alors que 94 % des stratèges en marketing belges utilisent les médias sociaux chaque semaine, la population belge n’est pas aussi accro, "seulement" 69 % adoptant le même comportement.

Cela se constate aussi dans l’utilisation que font les consommateurs belges des services tels que Uber (9 %) et Airnbnb (17 %). Ils sont en revanche plus actifs sur Spotify (1 Belge sur 3) et sur Netflix (4 Belges sur 10). Les gadgets et objets personnels connectés ne sont pas non plus très usités par le grand public. À peine 5 % de la population possède des lunettes de réalité virtuelle et 9 % ont une montre intelligente.

Selon Simone Ruseler, Knowledge Manager d’UBA, "nous voyons que les stratèges du marketing vivent dans un univers fort différent de celui des consommateurs lambda. Nous avons posé ces questions aux marketeurs et il apparaît qu’ils participent beaucoup plus activement aux dernières tendances. Au sein du groupe cible, des services comme Uber (45 %) et Airbnb (66 %) et des produits comme les montres intelligentes (25 %) sont beaucoup plus courantes."

À force de tout miser sur ces nouveaux moyens de communication, ils risquent donc de ne plus toucher le consommateur de manière optimale. En effet, près de 7 Belges sur 10 lisent le journal au moins une fois par semaine. La moitié d’entre eux préfèrent 5 fois sur 10 lire des journaux papier, alors que les marketeurs consultent plus souvent l’actualité numérique.

De même, malgré l’émergence du streaming et des services à la demande tels que Netflix, on en oublierait presque que le Belge francophone regarde en moyenne 3 h 15 de télévision par jour. Et, le plus souvent, le Belge regarde la télé en direct ou en léger différé, là où les annonceurs ont tendance à miser davantage sur le streaming ou les services de vidéo à la demande.

Enfin, autre tendance qui se confirme malgré les nouvelles technologies : 9 Belges sur 10 lisent des dépliants et des brochures. 80 % des sondés avouent qu’ils y consacrent en moyenne 20 minutes par semaine. Étonnant, d’ailleurs, de constater que si 93 % de marketeurs lisent aussi les dépliants, ils ne sont que 62 % à y consacrer environ 10 minutes par semaine.

"Il est étonnant de constater que les annonceurs n’appréhendent pas toujours comment le groupe cible se comporte. Par exemple, ils n’évaluent pas toujours correctement l’utilisation des médias sociaux et des dépliants et brochures du Belge. Les professionnels du marketing pensent ainsi que les Belges feuillettent des dépliants pendant environ 14 minutes par semaine alors qu’ils y consacrent environ 50 % de temps en plus", analyse Tim De Witte, CCO de BD myShopi.

Si le décalage est aussi grand, c’est aussi dû au mode de vie des professionnels de la pub qui diffère grandement de celui du citoyen lambda. Alors qu’ils sont 86 % à sortir manger ou boire chaque mois, les Belges ne sont que 52 % à se le permettre. Pareil pour le sport (60,5 % contre 41,5 %) ou encore les vacances.

Alors que 23 % des Belges moyens n’étaient pas partis en vacances l’an dernier, ils ne sont que 3 % du côté des annonceurs. Cette tendance va d’ailleurs plus loin puisque les marketeurs partent en vacances plus souvent et plus loin : 54 % sont partis en vacances 2 à 3 fois, contre 25 % des Belges moyens.