New-Tech Omniprésente sur les smartphones haut de gamme, la technologie OLED est passée en quelques années de prometteuse à onéreuse. Bonne nouvelle : le cap "démocratisation" arrive. Explications.

Ces 20 dernières années, l’objet télévision a fortement mué. Il s’est aminci, a fait exploser le nombre de centimètres de sa diagonale, a fortement réduit son poids, s’est connecté à Internet, piloté à la voix ou aux gestes, a vu mourir le plasma après le tube cathodique, et il a changé trois fois de définition : d’abord on a parlé de HD Ready, puis de Full-HD, et, depuis quatre ans, l’industrie nous vante les "indispensables mérites" de l’Ultra Haute-Définition (UHD, appelée erronément 4K par ailleurs). On vous fait l’impasse sur les nouvelles normes (HDR, HDR10 +) qui apportent elles aussi leur eau au moulin. Le bémol ? L’absence, depuis dix ans, de véritable innovation de rupture. Comme le fut le passage à la couleur, puis le passage à l’écran plat. L’arrivée de la Haute-Défintion, elle aussi, a imposé le renouvellement auprès du consommateur. La 3D n’y est jamais parvenue, la 4K/UHD le fait de manière encore bien trop nichée et marginale, peinant à convaincre de sa plus-value réelle - et encore mal sourcée. Le téléviseur se perd en normes techno-techniques qui tardent à amener le consommateur lambda qui n’a pas l’impérieux besoin de se presser en magasin pour changer de télé et passer à l’acte.

Rebooster des ventes en chute libre

Du coup ? En Belgique, quelque 650.000 téléviseurs ont été acquis en 2016. Un chiffre appréciable, mais loin d’être astronomique : en 2011, cru historique pour ce marché, on parlait d’1,1 million d’unités écoulées. En 2011, il n’y avait ni Euro, ni Coupe du Monde, ni JO. En 2016, si. Et en 2017, le marché tire la langue encore plus fort…

L’embellie n’est toutefois pas si loin. En 2018, il y aura une Coupe du Monde qui boostera fabricants et enseignes spécialisées à appâter le chaland. Puis, surtout, 2018 sera l’année de la démocratisation de l’OLED. Pour de bon !

À dire vrai, celle-ci est déjà en cours. Il est possible de trouver, aujourd’hui, une dalle de 65 pouces, UHD et OLED, pour 2.500 €. Deux ans plus tôt, c’eût été le double. Mais cette démocratisation devrait s’intensifier par l’amélioration du processus de fabrication utilisé par le pionnier et plus gros fabricant de dalles OLED au monde : LG.

LG Display vient en effet d’annoncer qu’il sera à très court terme à même de produire ses dalles OLED par impression jet d’encre, ce qui devrait réduire le coût d’un téléviseur OLED de 55 pouces d’environ 17 %. De quoi proposer des téléviseurs OLED Ultra HD de cette taille, l’une des plus demandées du marché, à moins de 1.500 €. Pour l’heure, LG utilise exclusivement le procédé d’évaporation sous vide (Vacum Thermal Evaporation) pour la production de dalles OLED de grandes tailles. Selon le cabinet de recherche Display Supply Chain, la fabrication par impression jet d’encre devrait simplifier la structure de l’écran (il n’y aura plus besoin d’un filtre de couleur, ce qui aura en prime pour effet d’améliorer la luminosité de l’écran) et réduire les coûts indirects (réduction de la consommation d’eau et d’électricité).

Pour rappel, tant en termes de style (une dalle OLED est extrêmement fine, ce qui lui permet de jouer la carte du design) que de colorimétrie ou de contrastes (le noir d’une dalle OLED est parfaitement noir, puisque ce type d’écrans n’est pas rétroéclairé, et que chaque sous-pixel produit lui même sa propre lumière… qu’il lui suffit d’éteindre pour créer un noir absolu), le téléviseur OLED est actuellement le meilleur compromis proposé.